Le projet de 300 millions USD financé par la Banque mondiale pour développer les compétences professionnelles en RDC entre dans sa phase de passation des marchés. Une demande de manifestation d’intérêt publiée le 14 août 2026 est ouverte jusqu’au 4 septembre, alors que le programme vise à toucher un million de jeunes et à répondre aux besoins de main-d’œuvre d’Inga 3, du corridor de Lobito et du PACT.
Le passage de la préparation aux procédures d’exécution commence à devenir visible pour le DRC Skills for Economic Transformation Project, identifié sous le numéro P510575. Le portail des opportunités de la Banque mondiale affiche une demande de manifestation d’intérêt pour des services de consultants, publiée le 14 août 2026, avec une date limite fixée au 4 septembre 2026. Il s’agit bien d’une manifestation d’intérêt et non encore de l’attribution d’un contrat ou du décaissement de l’enveloppe de 300 millions USD.
La procédure intervient alors que le projet doit officiellement devenir effectif le 1er septembre 2026, selon le calendrier publié par la Banque mondiale. Un plan de passation des marchés avait déjà été établi en mai. Le lancement d’avis avant cette date prépare donc la mise en œuvre et ne signifie pas que l’ensemble des investissements physiques ou des programmes de formation ont déjà commencé.
Financé par l’Association internationale de développement, le programme représente 300 millions USD sur cinq ans. Son objectif est de rapprocher davantage l’offre de formation professionnelle et technique des compétences effectivement recherchées dans l’économie congolaise. La Banque mondiale veut intervenir sur plusieurs niveaux, depuis les compétences de base jusqu’aux qualifications techniques avancées.
Un million de jeunes ciblés dans six secteurs
Les objectifs quantitatifs donnent l’échelle du programme. La Banque mondiale prévoit de fournir à un million de jeunes des compétences destinées à améliorer leur insertion sur le marché du travail. Parmi eux, 120 000 jeunes sans emploi, sans études ou sans formation, ainsi que d’autres jeunes vulnérables, doivent bénéficier de formations certifiées. Le projet prévoit également un accompagnement pour 8 000 jeunes entrepreneurs ou apprentis et le financement de 5 000 plans d’affaires, dont la moitié devra être portée par des femmes.
Six secteurs économiques ont été retenus en priorité. Ils couvrent l’énergie et les mines, le transport et la logistique, l’agriculture et l’agrobusiness, l’industrie manufacturière, le tourisme et les technologies numériques. Cette sélection rapproche directement la politique de formation des secteurs dans lesquels la RDC cherche à accroître les investissements et la transformation locale.
Le dispositif ne doit pas seulement financer des formations individuelles. Les établissements d’enseignement technique et de formation professionnelle sélectionnés pourront bénéficier de réhabilitations, d’équipements, de nouveaux programmes pédagogiques et de formation des formateurs. Des institutions existantes doivent commencer à délivrer des compétences dès la première année, en attendant la mise en service des nouvelles infrastructures prévues.
Le ministère congolais de la Formation professionnelle doit conduire le programme, avec une unité de mise en œuvre déjà expérimentée dans des projets d’éducation financés par la Banque mondiale. Le secteur privé doit également intervenir dans la conception des cursus, les stages, l’apprentissage, la formation des formateurs et certains volets d’infrastructure.
Inga Academy doit préparer les compétences pour les grands projets
L’une des interventions les plus structurées est la création de l’Inga Academy of Excellence dans le Kongo Central. Le financement doit couvrir notamment la construction et l’équipement des installations, le développement des cursus, la formation technique ainsi que des bourses destinées à réduire certaines barrières financières et de mobilité.
La Banque mondiale rattache explicitement cette politique de compétences à trois programmes d’investissement déjà engagés en RDC, Inga 3, le corridor de Lobito et le Projet d’appui à la connectivité et au transport, PACT. L’objectif est de constituer progressivement une main-d’œuvre spécialisée capable de répondre aux besoins techniques générés par l’énergie, les infrastructures de transport, la logistique et les chaînes industrielles associées.
Ce rapprochement est particulièrement visible pour Inga. La Banque mondiale avait déjà approuvé en 2025 une première enveloppe de 250 millions USD pour préparer le développement d’Inga 3, avec notamment un volet consacré aux compétences et à l’emploi autour du site. Le nouveau programme de 300 millions USD élargit cette logique à plusieurs secteurs et territoires.
La publication des marchés constitue désormais un indicateur plus concret que l’annonce du financement elle-même. Le suivi devra porter sur les contrats effectivement attribués, les travaux lancés, les centres équipés, le nombre de jeunes réellement formés et leur insertion professionnelle. Pour un programme visant un million de bénéficiaires en cinq ans, la vitesse de passation des marchés et d’exécution des contrats sera déterminante pour rapprocher les objectifs affichés des résultats sur le terrain.
— J. KAKESA









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