L’Autorité de Régulation du secteur de l’Électricité a examiné, le 25 août 2026 à Kinshasa, avec une délégation de l’Agence coréenne de coopération internationale, les autorisations, la tarification et les conditions d’exploitation du projet photovoltaïque de 500 kWp prévu à Kenge, dans le Kwango. Le dossier appartient à un programme énergétique de 10 millions USD financé par la KOICA sur la période 2025-2029.
La rencontre entre la directrice générale de l’ARE, Soraya Aziz Moto, et la délégation sud-coréenne ne correspond pas à l’annonce d’un nouveau projet. Elle intervient dans la préparation réglementaire d’un programme déjà engagé par la Korea International Cooperation Agency (KOICA), et non « COICA », avec le ministère des Ressources hydrauliques et de l’Électricité et le Programme des Nations unies pour le développement.
Les discussions ont notamment porté sur les titres nécessaires à l’exploitation, le régime tarifaire, le comptage prépayé, les modalités opérationnelles du futur mini-réseau et sa coordination avec les autres projets d’électrification. Ces questions détermineront notamment les conditions dans lesquelles l’électricité pourra être distribuée et facturée aux bénéficiaires lorsque l’installation sera opérationnelle.
Le document d’exécution publié par la partie sud-coréenne permet de préciser considérablement le projet. Le programme, intitulé « Project to Strengthen Energy Accessibility for Sustainable Development in Kwango Province », couvre la période 2025-2029. La contribution de la KOICA est fixée à 10 millions USD, tandis que le budget conjoint KOICA-PNUD atteint 10,5 millions USD, dont 500 000 USD apportés par le PNUD.
500 kWp, 650 ménages et l’Hôpital général de Kenge

La composante solaire doit être implantée sur un terrain d’environ 5 000 m² à l’Hôpital général de référence de Kenge. Les études techniques retiennent une puissance cible de 500 kWp, correspondant plus précisément à 740 panneaux de 640 Wp pour une puissance installée calculée de 499,2 kWp. Le système doit être complété par une batterie de stockage de 1 700 kWh et un groupe diesel de secours de 180 kVA.
Selon les hypothèses techniques du projet, l’installation pourrait produire environ 666 675 kWh par an, soit une moyenne proche de 1 826 kWh par jour. L’étude dimensionne la demande autour de l’Hôpital général de Kenge à partir de trois groupes principaux, soit environ 650 ménages, l’établissement hospitalier lui-même et quinze institutions publiques. Leur consommation quotidienne estimée atteint environ 1 282 kWh.
Ces chiffres donnent une dimension plus concrète aux discussions tarifaires engagées avec l’ARE. Le projet ne consiste pas seulement à installer des panneaux solaires. Il prévoit un mini-réseau, un dispositif de stockage, des modalités de commercialisation de l’électricité et un système d’exploitation qui devra continuer à couvrir ses coûts une fois les équipements installés.
Le calendrier officiel sud-coréen situe d’ailleurs 2026 principalement dans les études techniques détaillées, l’évaluation environnementale et sociale et l’examen du cadre congolais des énergies renouvelables. Les activités d’ingénierie, d’approvisionnement et de construction, dites EPC, apparaissent à partir de la troisième année du programme. La réunion du 25 août avec le régulateur correspond donc à une étape préparatoire nécessaire avant l’installation et l’exploitation commerciale du système.
Le projet de Kenge avait déjà été annoncé fin 2025, après la signature d’un protocole d’accord entre la RDC et la KOICA le 29 août de la même année, avant le lancement plus large du programme en février 2026. La nouveauté réside désormais dans le passage aux paramètres concrets de fonctionnement du futur mini-réseau. Pour l’ARE et les partenaires sud-coréens, les prochains indicateurs à suivre seront la finalisation des autorisations, le tarif retenu, le modèle d’exploitation puis le démarrage effectif des travaux.
H. KABAMBA









Votre avis compte
Une precision, un chiffre a corriger, une experience terrain ou une question utile ? Votre commentaire peut enrichir le debat economique.