Le cours officiel du dollar est revenu à 2 263,33 CDF le 15 septembre, contre 2 806,23 CDF exactement un an plus tôt. Le billet vert coûte ainsi 19,3 % de moins en francs congolais sur douze mois, alors que le Brent évolue autour de 108 USD et que le dollar se renforce sur les marchés internationaux. Les dernières données de la BCC montrent toutefois que les réserves ont reculé en août, ce qui invite à regarder au-delà du seul niveau des avoirs extérieurs pour comprendre la résistance du change.
Le franc congolais continue d’évoluer dans une bande inhabituellement étroite malgré la dégradation de l’environnement extérieur. La Banque centrale du Congo a fixé le cours moyen du 15 septembre à 2 263,33 CDF pour un dollar, en appréciation quotidienne de 0,16 %. Au 16 septembre, le taux est remonté légèrement à 2 270,29 CDF, soit une dépréciation de 0,31 % en vingt-quatre heures, sans sortir de la zone autour de 2 260 à 2 270 CDF observée depuis plusieurs semaines.
La comparaison annuelle donne davantage de relief au mouvement. Le 15 septembre 2025, la même série de la BCC affichait 2 806,2321 CDF/USD. En un an, le prix du dollar exprimé en francs a donc baissé de 19,35 %, d’après le calcul de notre rédaction. Exprimé dans l’autre sens, en dollars achetés par un franc, le gain est proche de 24 %, les deux méthodes n’utilisant pas la même base de calcul.
Ce nouvel épisode ne constitue pas un simple prolongement de la stabilité déjà relevée par Lepoint.cd le 11 septembre autour de 2 260 CDF/USD. Le nouvel élément est l’environnement dans lequel cette stabilité persiste. Le Brent dépassait 108 USD le 15 septembre, tandis que le rendement du Treasury américain à dix ans a touché 5,041 %, son plus haut niveau depuis 2007. Dans le même temps, le dollar s’est renforcé face à plusieurs grandes devises, soutenu par la hausse des rendements américains et les anticipations d’un nouveau resserrement de la Réserve fédérale.
Les réserves reculent, mais le franc ne cède pas
L’explication ne peut pas être réduite à une accumulation continue des réserves de change. Les nouvelles séries de la BCC montrent au contraire un repli en août. Les réserves brutes sont passées de 9,200 milliards USD en juillet à 8,936 milliards en août, soit -2,87 %. Les réserves nettes ont reculé de 7,799 à 7,533 milliards USD, soit -3,41 %. Les avoirs totaux en devises ont également diminué de 4,45 %, à 9,459 milliards USD.
Le recul ne signifie pas nécessairement que la BCC a utilisé cette différence pour défendre directement le taux de change. Les réserves peuvent varier sous l’effet de plusieurs opérations et la série mensuelle ne permet pas, à elle seule, d’attribuer leur diminution à des ventes de devises sur le marché. Elle montre néanmoins qu’entre juillet et août, la stabilité du franc n’a pas coïncidé avec une augmentation des réserves internationales.
La photographie quotidienne du marché officiel apporte un autre élément. Pour la séance du 14 septembre, la BCC enregistre un volume total traité de seulement 1 million USD, réparti entre 500 000 USD d’achats et 500 000 USD de ventes, contre 5 millions USD lors de la précédente observation comparable. Une seule séance ne suffit pas à mesurer la demande globale de dollars dans l’économie, mais elle rappelle que le cours indicatif quotidien reflète des transactions effectivement dénouées dans le circuit suivi par la Banque centrale.
L’une des sources structurelles de devises reste le secteur minier. Le Code minier impose aux titulaires en phase d’amortissement de rapatrier 60 % des recettes d’exportation dans une banque en RDC dans les quinze jours, cette obligation montant à 100 % après amortissement de l’investissement. Ce mécanisme crée un canal régulier d’entrée de devises dans le système bancaire national. Les données publiques consultées ne permettent toutefois pas encore de quantifier la contribution exacte des rapatriements miniers à la stabilité observée en septembre.
Le pétrole devient le prochain test
Le choc pétrolier constitue désormais l’un des principaux tests pour cette configuration. Une hausse prolongée des produits pétroliers augmente les besoins en devises des importateurs et peut renchérir la facture énergétique du pays. Le 15 septembre, Reuters signalait un Brent autour de 108,20 USD le baril, sur fond de perturbations de l’offre au Moyen-Orient. Certains cargaisons physiques européennes dépassaient même 130 USD le baril.
La combinaison actuelle est donc particulière. Le pétrole s’est fortement renchéri, les rendements américains dépassent 5 %, le dollar se raffermit à l’international et les réserves nettes de la RDC ont diminué en août. Malgré cela, le taux officiel reste proche de 2 260 CDF/USD et le dollar demeure environ 19 % moins cher en francs qu’un an auparavant.
Pour comprendre si cette résistance est durable, les prochaines données devront permettre de suivre simultanément les interventions effectives de la BCC, les volumes du marché des changes, les rapatriements des recettes minières, la demande de devises des importateurs pétroliers et l’écart entre le cours officiel et les transactions hors circuit bancaire.
C’est ce croisement qui permettra de déterminer si le niveau actuel du franc repose sur des flux suffisamment solides pour absorber un pétrole durablement supérieur à 100 USD ou s’il dépend d’un équilibre plus étroit susceptible d’être testé par une hausse prolongée de la demande de dollars.
J. KAKESA









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