Le Projet d’Appui à l’Enseignement supérieur entre dans sa phase d’exécution matérielle après deux années de préparation. Expertise France annonce une enveloppe de 25 millions d’euros, la rénovation d’infrastructures universitaires dans sept établissements et le départ, le 1er octobre, de dix doctorants congolais pour trois années de formation en France. Six autres doivent suivre en 2027.
Le financement français destiné à l’enseignement supérieur congolais commence à passer des programmes de coopération aux réalisations physiques et à la formation doctorale. Lors d’une réunion de travail organisée le 15 septembre à Kinshasa avec le ministère de l’Enseignement supérieur, Jérémie Pellet, directeur général d’Expertise France, a indiqué que le Projet d’Appui à l’Enseignement supérieur, PAES, entre désormais dans sa phase de réalisation.
Le programme porte actuellement sur sept établissements d’enseignement supérieur et cible principalement les sciences de l’ingénieur. Les investissements prévus concernent notamment la rénovation de salles de cours et d’amphithéâtres, les infrastructures des écoles doctorales ainsi que des équipements pédagogiques et scientifiques. Expertise France avait déjà indiqué que le PAES doit moderniser les formations d’ingénieurs, renforcer le corps professoral et développer des partenariats entre établissements congolais et français.
La première échéance mesurable interviendra dès le 1er octobre 2026. Dix doctorants congolais doivent partir dans des universités françaises pour un cycle de formation de trois ans. Selon Jérémie Pellet, six doctorants supplémentaires sont prévus l’année prochaine, ce qui porterait à seize le nombre de bénéficiaires de cette séquence doctorale si le calendrier annoncé est respecté.
Pour le ministère congolais de l’Enseignement supérieur, l’objectif dépasse l’attribution de bourses individuelles. Le projet cherche à renouveler progressivement le corps professoral et à renforcer la capacité des établissements à former localement des ingénieurs et chercheurs dans des filières directement liées aux besoins économiques du pays.
De 15 à 25 millions d’euros dans les communications du projet
Le montant communiqué lors de la mission de Jérémie Pellet est désormais de 25 millions d’euros. Le communiqué officiel d’Expertise France publié à l’occasion de sa visite en RDC reprend également cette enveloppe.
Ce chiffre marque une évolution par rapport à la documentation antérieure de l’agence. En septembre et novembre 2025, Expertise France présentait encore le PAES comme un programme de 15 millions d’euros sur cinq ans, tout en précisant qu’un financement supplémentaire destiné à renforcer son impact était alors en cours d’instruction.
Les communications de septembre 2026 font donc apparaître une enveloppe supérieure de 10 millions d’euros, soit une augmentation de 66,7 % par rapport au montant initialement documenté. Les sources publiques consultées ne détaillent toutefois pas encore séparément l’instrument ayant permis cette augmentation.
Le programme avait démarré en mars 2024. La convention de financement entre l’AFD et le Gouvernement congolais avait été conclue le 29 janvier 2024, tandis que le protocole de mise en œuvre entre Expertise France et le ministère avait été signé le 19 mars 2025.
Former les ingénieurs dont auront besoin l’énergie et les infrastructures
La composante ingénierie donne au PAES une portée économique qui dépasse le secteur universitaire. Expertise France relie directement une partie du programme aux besoins futurs des grands projets d’infrastructures, notamment dans l’hydroélectricité et autour d’Inga. Lors de la réunion de Kinshasa, une prochaine mission d’études en France, à Grenoble, a également été évoquée pour approfondir les compétences liées au secteur de l’eau et de l’énergie.
L’ambassadeur de France en RDC, Rémi Maréchaux, a lui aussi relié la formation des ingénieurs à la capacité du pays à disposer des compétences nécessaires pour ses futurs grands projets, en citant particulièrement Inga.
Cette orientation touche une faiblesse structurelle de l’économie congolaise. L’accélération des investissements dans les mines, l’électricité, les infrastructures de transport et l’industrie augmente simultanément les besoins en ingénieurs, techniciens, chercheurs et personnels capables de maintenir des équipements complexes. Le PAES cherche donc à agir sur cette contrainte par deux voies complémentaires, la modernisation physique des établissements et la reconstitution progressive des compétences universitaires.
Après deux ans de préparation, le test du programme devient désormais concret. Il portera sur le démarrage effectif des chantiers universitaires, le départ des dix doctorants le 1er octobre, l’arrivée des six bénéficiaires supplémentaires en 2027 et la capacité des formations rénovées à produire des compétences utilisables dans les secteurs industriels et énergétiques congolais.
Noella NGOLA









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