Glencore a été retenu comme partenaire fondateur de VaultCo, la réserve stratégique américaine de minerais critiques soutenue par l’Export-Import Bank des États-Unis. Le groupe annonce un engagement de 500 millions USD dans ce dispositif qui doit lui permettre d’acheter, d’approvisionner et de livrer des matières premières destinées aux stocks américains. Pour la RDC, la nouveauté intervient sept mois après l’ouverture de discussions sur une prise de participation américaine dans KCC et Mutanda Mining.
Washington ajoute un nouveau maillon à sa stratégie de sécurisation des minerais critiques. Glencore a annoncé le 23 septembre 2026 avoir été sélectionné par le gouvernement américain comme partenaire fondateur de VaultCo, la structure chargée de mettre en œuvre la réserve stratégique américaine de minerais critiques. Le groupe minier et négociant associe cette participation à un engagement de 500 millions USD.
Le mécanisme dépasse un simple investissement dans des actifs miniers. Selon Glencore, le financement apporté par l’Export-Import Bank of the United States doit permettre au groupe de sourcer, acheter et livrer des minerais critiques à VaultCo, qui constituera des stocks physiques destinés à sécuriser les besoins de l’industrie américaine en cas de perturbation des chaînes d’approvisionnement. Le communiqué ne détaille toutefois ni la liste des minerais concernés par les 500 millions USD, ni leurs pays d’origine.
Project Vault avait été lancé en février avec une capacité de financement pouvant atteindre 10 milliards USD de la banque EXIM, complétée selon l’agence américaine par près de 2 milliards USD de capitaux privés. Les matières premières acquises doivent être entreposées dans des installations situées aux États-Unis afin d’offrir aux industriels un accès aux stocks lors de tensions d’approvisionnement. Lepoint.cd avait déjà consacré plusieurs articles à ce mécanisme lors de son lancement.
KCC et Mutanda ajoutent une dimension congolaise au dispositif
La connexion avec la République démocratique du Congo repose sur le portefeuille de Glencore. Le groupe contrôle deux des actifs cuivre-cobalt les plus importants du pays, Kamoto Copper Company et Mutanda Mining, dans le Lualaba. Au premier semestre 2026, les deux opérations ont produit ensemble 138 400 tonnes de cuivre, soit près de 35 % de la production cuprifère totale de Glencore sur la période.
Mais rien dans l’annonce de VaultCo n’établit, à ce stade, que le cuivre ou le cobalt provenant de KCC et Mutanda alimentera cette réserve. Cette distinction est importante. Glencore dispose d’un portefeuille minier et commercial mondial qui lui permet de sourcer des matières premières auprès de nombreuses opérations et contreparties. L’accord avec VaultCo crée donc une possibilité supplémentaire de débouché pour des minerais commercialisés par le groupe, sans affectation congolaise annoncée.
L’intérêt pour la RDC augmente toutefois lorsqu’on rapproche l’opération d’un autre dossier ouvert en février. Glencore et Orion Critical Mineral Consortium, soutenu par le gouvernement américain, avaient signé un protocole d’accord non contraignant portant sur l’acquisition potentielle de 40 % des intérêts détenus par Glencore dans KCC et Mutanda. Le groupe évaluait alors la valeur d’entreprise combinée des deux actifs à environ 9 milliards USD.
Si cette transaction aboutit, Orion disposerait également du droit d’orienter la commercialisation de la quote-part correspondante de production vers des acheteurs désignés, conformément au partenariat stratégique entre Washington et Kinshasa. Il s’agit là d’un lien beaucoup plus direct entre la production congolaise et les chaînes d’approvisionnement recherchées par les États-Unis. Le protocole demeure néanmoins non contraignant selon la dernière annonce publique de Glencore citée sur ce dossier.
L’enchaînement permet de distinguer plusieurs instruments américains désormais en construction. Project Vault organise le stockage stratégique. Orion cherche une exposition directe à des actifs producteurs de cuivre et de cobalt en RDC. Le partenariat RDC–États-Unis encadre parallèlement l’accès à certains projets miniers stratégiques, tandis que Washington cherche à soutenir les infrastructures, la transformation et les débouchés nécessaires à des chaînes d’approvisionnement moins concentrées. Cette architecture ne signifie pas que chacun de ces dispositifs finance déjà des volumes congolais, mais elle rapproche progressivement financement, propriété d’actifs, commercialisation et stockage.
Pour la RDC, la prochaine information déterminante sera donc l’origine des volumes que Glencore livrera effectivement à VaultCo. Une première commande portant sur du cuivre ou du cobalt provenant de KCC ou Mutanda transformerait le lien aujourd’hui potentiel en flux commercial identifiable entre les opérations congolaises du groupe et la réserve stratégique américaine.
J. KAKESA









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