Le cuivre à trois mois du London Metal Exchange a atteint 14 645 USD la tonne lors de la séance officielle du vendredi 25 septembre 2026, en hausse de 0,8 % sur la semaine. Le métal évolue à seulement 1,5 % de son record historique de 14 875 USD, malgré les inquiétudes concernant une nouvelle hausse des taux d’intérêt. En Chine, la contraction des stocks et la réduction temporaire de l’activité de certaines fonderies continuent de soutenir les cours.
Le cuivre retrouve une trajectoire haussière après plusieurs séances marquées par la volatilité des marchés financiers. Vendredi 25 septembre, son contrat à trois mois sur le London Metal Exchange (LME) a progressé de 0,2 % à 14 645 USD la tonne lors de la cotation officielle, portant son gain hebdomadaire à 0,8 %, selon Reuters.
Cette évolution rapproche de nouveau le métal de son record de 14 875 USD, enregistré deux semaines auparavant. Elle intervient alors que la remontée des prix de l’énergie nourrit les inquiétudes inflationnistes et ravive les anticipations de relèvement des taux d’intérêt, susceptibles de ralentir l’activité industrielle mondiale et la demande de métaux.
Le marché du cuivre présente toutefois une particularité. Les inquiétudes macroéconomiques pèsent sur les perspectives de consommation, mais les disponibilités physiques restent limitées dans certaines régions, notamment en Chine. Cette situation contribue à soutenir les prix, même lorsque les investisseurs réduisent leur exposition aux matières premières.
En Chine, les stocks reculent de 15,9 % en une semaine
La contraction des stocks chinois constitue l’un des principaux éléments expliquant la résistance du cuivre. Les inventaires surveillés par le Shanghai Futures Exchange sont descendus à 47 147 tonnes, soit une baisse de 15,9 % en une semaine. Plusieurs fonderies chinoises ont parallèlement annoncé des programmes de maintenance entraînant une réduction temporaire de leur production.
La tension apparaît également sur le marché londonien. Jeudi 24 septembre, le cuivre au comptant se négociait avec une prime de 124,75 USD par tonne par rapport au contrat à trois mois, contre 68,93 USD la veille. Cette configuration, appelée backwardation, traduit une disponibilité plus coûteuse du métal immédiatement livrable.
Ces signaux doivent néanmoins être distingués d’une pénurie mondiale généralisée. Le 16 septembre, Lepoint.cd relevait déjà que les stocks enregistrés dans les entrepôts du LME avaient atteint 249 225 tonnes, en hausse de 21,6 % par rapport à la mi-août. Le marché présente donc des déséquilibres géographiques, avec des stocks qui progressent dans certains entrepôts tandis que les disponibilités diminuent ailleurs.
Les mouvements de cuivre vers les États-Unis, alimentés par les incertitudes entourant les futurs droits de douane américains, contribuent également à modifier la répartition des stocks internationaux. Selon Reuters, ce phénomène a participé à une hausse d’environ 10 % des cours du LME sur trois mois.
Pour la RDC, le prix du cuivre reste exposé à deux forces opposées
La situation intéresse directement la République démocratique du Congo, dont les exportations de cuivre ont atteint environ 1,724 million de tonnes au premier semestre 2026, d’après les statistiques minières officielles.
Le maintien de cours élevés constitue un facteur favorable à la valeur des exportations congolaises et aux revenus des producteurs. Ses effets sur les recettes publiques dépendent cependant des volumes effectivement commercialisés, des prix réalisés et des régimes fiscaux applicables à chaque exploitation.
À l’inverse, une hausse durable des taux d’intérêt internationaux pourrait renchérir le financement de nouveaux projets miniers et peser sur les investissements industriels consommateurs de cuivre. Les producteurs congolais sont ainsi concernés à la fois par le prix auquel ils vendent leur métal et par le coût des capitaux nécessaires pour développer leurs capacités de production.
La baisse du dollar observée vendredi a apporté un soutien supplémentaire aux cours, en rendant les matières premières libellées en monnaie américaine relativement moins coûteuses pour les acheteurs utilisant d’autres devises.
La prochaine évolution du marché dépendra notamment du rythme de reconstitution des stocks chinois, de la disponibilité du métal immédiatement livrable et des anticipations de politique monétaire. Pour la RDC, le suivi de ces indicateurs permettra de distinguer une hausse alimentée par les besoins industriels d’un mouvement principalement lié aux arbitrages financiers et aux déplacements internationaux des stocks.
J. KAKESA









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