La deuxième réunion de coordination du corridor de Lobito s’est ouverte le 5 octobre 2026 à Lusaka, six semaines après la signature de la concession ferroviaire congolaise avec Mota-Engil. La délégation de la RDC, conduite par le ministre d’État au Plan Guylain Nyembo, met en avant la ligne Dilolo-Sakania, l’énergie et les routes qui doivent relier d’autres provinces à l’axe.
Le président zambien Hakainde Hichilema a ouvert le 5 octobre à Lusaka la deuxième réunion de coordination du corridor de Lobito, organisée par la Zambie avec le Groupe de la Banque mondiale. Les travaux réunissent l’Angola, la RDC, la Zambie, des bailleurs et des entreprises jusqu’au mardi 6 octobre. La délégation congolaise est dirigée par le ministre d’État en charge du Plan, Guylain Nyembo, avec le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, et le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya. L’Angola est représenté par son ministre des Transports, Ricardo D’Abreu.
Hichilema a demandé que le corridor soit géré comme une plateforme économique et non politique. Selon lui, les trois gouvernements doivent supprimer les obstacles administratifs qui retardent les investissements et encourager les coentreprises entre entreprises locales et investisseurs étrangers, a rapporté la radiotélévision publique zambienne ZNBC. La directrice générale des opérations de la Banque mondiale, Anna Bjerde, a évoqué des progrès depuis la première réunion, tenue à Luanda en février. Les exemples qu’elle a cités concernent surtout la Zambie, avec le financement de routes, la réhabilitation d’une voie ferrée et un port sec.
Le tronçon congolais, maillon le plus récent
Pour la RDC, la priorité affichée est la ligne Dilolo-Sakania, qui relie la frontière angolaise à la frontière zambienne en passant par Kolwezi et Lubumbashi. Le 26 août, Kinshasa en a confié la rénovation et l’exploitation pour 30 ans à Mota-Engil Africa. L’investissement indicatif est de 1,258 milliard de dollars selon le gouvernement, et de 1,8 milliard sur la durée de la concession selon l’entreprise. Côté angolais, le consortium Lobito Atlantic Railway exploite déjà la voie jusqu’à Luau, et la Banque mondiale vient d’appuyer ses investissements par une garantie de son agence d’assurance des investissements, la MIGA.
La délégation congolaise veut aussi que le corridor serve à autre chose qu’à l’exportation minière. Selon sa communication, elle demande que des routes de desserte relient d’autres provinces à l’axe, qu’un approvisionnement en énergie accompagne les investissements privés et que la transformation locale et l’agriculture profitent du corridor. Elle souhaite enfin que celui-ci soit intégré à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). La RDC fournit plus de 70 % du cobalt mondial, selon l’US Geological Survey. Seule une partie de ce cobalt sort aujourd’hui par Lobito, le reste passant surtout par Durban et Dar es Salam.
L’ordre du jour porte sur une feuille de route commune pour faciliter les échanges, les plans de développement régional, l’exploitation de Lobito Atlantic Railway et le programme de l’agence de facilitation du transit du corridor. John Banza Lunda doit présenter la position congolaise lors de la session sur l’investissement dans les infrastructures. Les conclusions attendues mardi, et en particulier les projets congolais retenus pour un financement, montreront si le tronçon RDC rattrape les avancées enregistrées en Zambie et en Angola.









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