Une session de l'IMC Morocco 2026 à Rabat a réuni un dirigeant minier, des avocats et un responsable de la Banque africaine de développement autour des projets miniers bancables. Pour la RDC, qui détient plus de 70 % des réserves mondiales de cobalt, la question se pose avec ses quotas d'exportation, modifiés en cours d'année.

Une session de l’IMC Morocco 2026 à Rabat a réuni un dirigeant minier, des avocats et un responsable de la Banque africaine de développement autour des projets miniers bancables. Pour la RDC, qui détient plus de 70 % des réserves mondiales de cobalt, la question se pose avec ses quotas d’exportation, modifiés en cours d’année.
Le troisième Congrès international des mines du Maroc (IMC Morocco) s’est ouvert le mardi 6 octobre 2026 à Rabat, sous l’égide de la Fédération de l’industrie minérale du Maroc. Son thème est l’Afrique comme hub intégré de la transformation des minerais critiques et stratégiques. La session 2C portait sur la structuration de projets bancables pour ces minerais, à travers les cadres juridiques, fiscaux et de partenariat.
D’après le compte rendu des organisateurs, les échanges ont insisté sur quatre conditions pour attirer les capitaux, la stabilité réglementaire, la maîtrise des risques, la transparence des dispositifs d’investissement et des partenariats équilibrés entre acteurs publics, privés et financiers. Le compte rendu ne rapporte aucune déclaration précise ni aucun chiffre.
Les intervenants étaient Adam Spencer (président et directeur général de Mx2 Mining), Abdelkader Boukhriss (président de SFM Conseil), Me Hamidou Dramé (cabinet Guilex Avocats), Me Ghalia Mokhtari (Mokhtari Avocats) et Julien Bouilhol (coordinateur en chef de l’intégration régionale pour l’Afrique du Nord au Groupe de la Banque africaine de développement). Gaita Kalemba modérait. La RDC n’est pas citée dans le compte rendu.
Ces critères trouvent un terrain d’application concret à Kinshasa. L’Autorité de régulation et de contrôle des marchés de substances minérales stratégiques (ARECOMS) a notifié fin juin 2026 que les quotas d’exportation de cobalt non utilisés entre janvier et juin seraient annulés au 30 juin. Selon Reuters, qui a eu accès à l’avis, ces volumes sont retirés des allocations des entreprises sans report possible et reversés à un quota stratégique contrôlé par l’État. L’ARECOMS dit vouloir les affecter à des projets d’intérêt national, notamment la transformation locale.
Les mesures sont entrées en vigueur le 1er juillet. Seules les expéditions déclarées en douane au plus tard le 5 juillet comptaient pour le premier semestre. L’agence peut aussi retirer entièrement un quota en cas de non-exportation, de cession à un tiers ou de traitement de matière tierce sans autorisation.
Le contexte de prix explique l’enjeu. Reuters indique que le cobalt a progressé de 160 % depuis février 2025, à 26 dollars la livre, soit environ 57 300 dollars la tonne. Les premiers producteurs mondiaux, CMOC et Glencore, sont directement concernés. La Chambre des mines congolaise n’avait pas répondu à Reuters au moment de la publication.
Un prêteur évalue un projet minier sur les volumes qu’il pourra vendre et sur la durée pendant laquelle les règles resteront les mêmes. Un quota annuel qui peut être réduit ou retiré en cours d’exercice entre directement dans ce calcul, au même titre que la fiscalité. C’est l’analyse de Lepoint.cd, aucun bailleur n’ayant commenté publiquement ces mesures dans les sources consultées.
La logique de l’État congolais est inverse. Il utilise ses quotas pour orienter les volumes vers des projets de transformation locale, ce qui rejoint l’objectif de création de valeur sur le continent mis en avant à Rabat. Le prix exact de cette politique pour les financements reste à mesurer, projet par projet, dans les clauses que négocieront les banques.





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