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Kamoa-Kakula : 76 401 tonnes de cuivre au troisième trimestre, mais les stocks continuent de grossir

Le complexe de Kamoa-Kakula, dans le Lualaba, a produit 76 401 tonnes de cuivre commercialisable au troisième trimestre 2026, en hausse de 19 %. Près de 7 000 tonnes proviennent toutefois d'anciens stocks reclassés, et le cuivre invendu atteint désormais 43 000 tonnes. L'acide sulfurique, dont le prix a doublé, et une centrale solaire de 60 MW changent l'économie du site.

anodes de cuivre

Le complexe de Kamoa-Kakula, dans le Lualaba, a produit 76 401 tonnes de cuivre commercialisable au troisième trimestre 2026, en hausse de 19 %. Près de 7 000 tonnes proviennent toutefois d’anciens stocks reclassés, et le cuivre invendu atteint désormais 43 000 tonnes. L’acide sulfurique, dont le prix a doublé, et une centrale solaire de 60 MW changent l’économie du site.

Le complexe cuprifère de Kamoa-Kakula a produit 76 401 tonnes de cuivre contenu dans des produits commercialisables entre juillet et septembre 2026, contre 64 328 tonnes au deuxième trimestre, selon les résultats de production publiés le 8 octobre par Ivanhoe Mines. Sur neuf mois, la production atteint 212 146 tonnes. Le groupe canadien maintient son objectif annuel de 290 000 à 310 000 tonnes, en précisant que la production devrait se situer vers le bas de cette fourchette. Atteindre le seuil bas suppose environ 77 850 tonnes au quatrième trimestre, un rythme proche de celui de l’été.

La hausse de 19 % est moins nette qu’elle n’en a l’air. Le total trimestriel inclut 6 904 tonnes de cuivre contenu dans des fines à haute teneur produites lors des trimestres précédents, que le complexe ne pouvait pas fondre et qu’il a désignées pour la vente. Sans ce reclassement, la production du trimestre s’établit à environ 69 500 tonnes, soit une progression de 8 % sur trois mois, d’après un calcul de Lepoint.cd. La reprise reste réelle. Les cadences d’extraction ont augmenté de 30 % à plus de 700 000 tonnes de minerai par mois, et la récupération du cuivre dans les concentrateurs a atteint le niveau record de 87,6 %. Elle intervient après la révision à la baisse de 23 % des objectifs 2026 et 2027, décidée en avril sur fond d’activité sismique et d’inondation dans la mine de Kakula.

Produire n’est pas vendre

Le complexe détenait environ 40 000 tonnes de cuivre invendu au début du trimestre et environ 43 000 tonnes à la fin. Ces stocks sont surtout des concentrés stockés sur le site et à la fonderie voisine de Lualaba Copper Smelter, ainsi que du cuivre en cours de traitement. Les fines reclassées ont, elles aussi, été ajoutées aux stocks. Le volume produit au troisième trimestre ne se traduira donc pas entièrement en ventes, ni en recettes, sur la même période.

La distinction compte pour l’État congolais, qui détient 20 % du complexe aux côtés d’Ivanhoe Mines et de Zijin Mining. Les redevances minières se calculent sur la valeur des ventes. Une tonne qui reste en stock ne rapporte donc rien au Trésor tant qu’elle n’est pas vendue. La fonderie du site, d’une capacité de 500 000 tonnes par an, tourne toujours à environ 60 % de sa capacité, au rythme de l’approvisionnement en concentré. Un taux de silice élevé dans les concentrés gonfle par ailleurs la production de scories de cuivre, un produit moins valorisé, et Ivanhoe prévient que ce niveau devrait durer.

L’acide sulfurique double de prix, le solaire réduit le diesel

La fonderie a produit le volume record de 118 638 tonnes d’acide sulfurique, un sous-produit vendu aux mines de cuivre et de cobalt voisines, qui l’utilisent pour traiter les minerais oxydés. Le prix net réalisé a doublé par rapport au deuxième trimestre, à environ 900 dollars la tonne, et atteignait 950 dollars en septembre. Au prix moyen du trimestre, la production d’acide représente une valeur théorique d’environ 107 millions de dollars, selon un calcul de Lepoint.cd. Une hausse qui profite à Kamoa-Kakula renchérit en revanche les coûts des autres exploitants du Copperbelt qui achètent cet acide.

Sur le plan énergétique, deux centrales solaires de 30 MW chacune, financées et exploitées par CrossBoundary Energy et Green World Energie, fournissent depuis le 23 septembre 60 MW en continu au complexe. L’installation associe 433 mégawatts-crête de panneaux et 1 107 MWh de batteries. En septembre, la consommation de diesel des groupes électrogènes du site a reculé de 40 % par rapport à juillet. Une puissance de 60 MW délivrée 24 heures sur 24 correspond à environ 525 GWh par an, soit davantage que les 384 GWh produits par l’ensemble du photovoltaïque congolais en 2025, selon l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité, d’après un calcul de Lepoint.cd.

Kamoa-Kakula a signé deux nouveaux contrats d’achat d’électricité de 30 MW, avec Green World Energie en avril et avec Lualaba Solar Company en août, pour porter cette capacité à 120 MW d’ici 18 mois. Pour une mine dont les pompes doivent tourner sans interruption et dont près de la moitié du diesel servait aux groupes de secours, c’est une économie directe sur les coûts et une moindre dépendance à un réseau public jugé moins fiable par l’exploitant.