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Devises minières, 54,4 milliards déclarés rapatriés, mais 3,8 milliards de dépôts en plus

Entre 2023 et 2025, la RDC a exporté pour 93,2 milliards de dollars et déclaré en rapatrier 54,4 milliards, selon la BCC. Sur la même période, les dépôts en devises des banques n'ont progressé que de 3,8 milliards, soit 7 % des montants rapatriés.

Wameso

Entre 2023 et 2025, la RDC a exporté pour 93,2 milliards de dollars et déclaré en rapatrier 54,4 milliards, selon la BCC. Sur la même période, les dépôts en devises des banques n’ont progressé que de 3,8 milliards, soit 7 % des montants rapatriés.

Le gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), André Wameso Nkualoloki, a mis ces trois chiffres côte à côte le 9 octobre à Kolwezi. Il s’adressait à la Fédération des entreprises du Congo (FEC), à la Chambre des mines et à l’Association congolaise des banques (ACB). « 93 milliards exportés, 54 milliards rapatriés et 3,8 milliards de dépôts au sein du système bancaire », a-t-il résumé, avant de juger la situation « intenable à long terme ».

Trois chiffres qui ne mesurent pas la même chose

Les montants déclarés rapatriés représentent 58,4 % des exportations, et la hausse des dépôts en devises 7 % des montants rapatriés, d’après les calculs de Lepoint.cd à partir des chiffres du gouverneur.

Les dépôts en devises ont gagné 3,8 milliards de dollars, contre 54,4 milliards de rapatriement déclaré
Cumul 2023 à 2025, en milliards de dollars
Exportations totales93,2 Mds USDRapatriement déclaré54,4 Mds USDHausse des dépôts endevises3,8 Mds USD
Source : BCC, intervention du gouverneur, Kolwezi, 9 octobre 2026LePoint.cd
Voir les données
Cumul 2023-2025
Exportations totales93,2 Mds USD
Rapatriement déclaré54,4 Mds USD
Hausse des dépôts en devises3,8 Mds USD

Ces chiffres ne se comparent pas ligne à ligne. Les exportations couvrent l’ensemble du pays. Les déclarations de rapatriement, selon le gouverneur, relèvent du Code minier. La hausse des dépôts est une variation nette, c’est-à-dire ce qui reste en plus dans les banques après toutes les sorties. Une société minière qui rapatrie des fonds puis paie ses fournisseurs, ses prestataires ou ses dettes à l’étranger fait baisser ce solde sans que la règle de rapatriement soit violée. La BCC n’a pas publié de ventilation de l’usage des fonds rapatriés.

Le gouverneur voit dans cet écart un défaut de rétention. « Notre pays produit une richesse minière considérable, mais il ne parvient pas encore à en retenir une part suffisante », a-t-il déclaré, en pointant aussi le niveau élevé de dollarisation du système bancaire. À la même conférence, il a indiqué que les dépôts en devises représentaient 87,6 % de l’ensemble des dépôts bancaires à fin septembre 2026, selon Actualité.cd.

Ce que le projet de réforme demande aux entreprises

La BCC prépare la révision de la réglementation du change du 25 mars 2014, modifiée par les règlements de 2023 et de 2025, afin de l’aligner sur le Code minier de 2018. Le texte est encore un projet que le gouverneur a dit vouloir « soumettre à l’appréciation » des acteurs. Aucune date d’entrée en vigueur n’a été communiquée.

Le projet prévoit un délai général de rapatriement de 60 jours à compter de la sortie des biens du territoire, ramené à 20 jours pour l’or et le diamant issus de la production artisanale. Pour les titulaires de droits miniers, 60 % des recettes concernées devraient être encaissées auprès d’une banque congolaise dans les 15 jours suivant leur arrivée sur le compte principal ouvert à l’étranger. Ces comptes feraient l’objet d’un suivi renforcé.

Les contrats de sous-traitance concernés seraient exécutés et réglés en francs congolais, avec des exigences accrues de justification et de déclaration. Le projet limite aussi la réaffectation des recettes rapatriées à certains paiements internationaux, y compris lorsqu’ils passent par des sociétés affiliées.

Le gouverneur reconnaît que ces mesures soulèvent des questions légitimes sur la trésorerie des entreprises, leurs obligations contractuelles et leurs financements internationaux. Il assure que la BCC « n’entend pas opposer l’intérêt national aux intérêts légitimes des investisseurs ». Le vice-gouverneur du Lualaba, Clément Mufundji Tshinat Karl, soutient la traçabilité, mais demande des contrats clairs, des règlements prévisibles, des moyens de paiement disponibles et une maîtrise du risque de change.

Les ménages sont concernés eux aussi. Le projet prévoit le règlement exclusif en francs congolais des loyers résidentiels, des frais scolaires et académiques, des soins de santé et des services domestiques d’eau et d’électricité.