Le Fonds pour l’Inclusion Financière en RDC (FPM) reste fidèle à son ambition première : construire un système financier inclusif et responsable pour les micro, petites et moyennes entreprises (MPME) et les populations à faibles revenus. Sur son site officiel, l’institution énonce sans ambages sa vision : bâtir et développer un secteur financier capable d’augmenter les revenus et de réduire la pauvreté en République démocratique du Congo. Cette orientation se traduit par une mission simple mais exigeante : promouvoir l’inclusion financière en apportant un appui technique et financier aux institutions qui ciblent les MPME et les travailleurs à faibles revenus, souvent exclus du système bancaire.
Dans son rapport annuel 2024, le FPM insiste sur la complémentarité de ses deux véhicules. D’un côté, le FPM ASBL dispense de l’assistance technique aux institutions financières partenaires ; de l’autre, le FPM SA mobilise des ressources pour refinancer ces mêmes institutions et couvrir leurs portefeuilles de crédits. Le document souligne que cette articulation « autour de deux leviers complémentaires » s’appuie sur une gouvernance solide et une organisation agile pour maximiser l’impact sur les MPME. La branche ASBL repose sur quatre axes stratégiques : renforcer les capacités des institutions, encourager l’innovation, soutenir l’expansion de l’offre de services de base et accompagner les bénéficiaires finaux par l’éducation financière. La branche SA, quant à elle, gère un portefeuille de refinancement et de garanties qui a permis de mobiliser 126 millions de dollars depuis 2015.
Les messages des présidents et du directeur général, qui ouvrent le rapport, mettent l’accent sur la cohérence retrouvée entre ces deux entités et la montée en puissance du dispositif en 2024. Patrick Nkongo, directeur général, décrit une année placée sous le signe de l’alignement stratégique, avec une intensification des appuis techniques et la création de nouveaux produits de garantie pour mieux répondre aux besoins des institutions partenaires. Il insiste sur la diversification des instruments, l’extension des interventions aux secteurs agricoles, énergétiques et numériques et la structuration interne qui en découle. Dimitry Van Raemdonck, président du conseil d’administration du FPM SA, rappelle que chaque MPME financée représente une source d’emploi et de dignité pour la RDC.
Cette montée en puissance repose également sur une gouvernance différenciée et des partenaires variés. La structure associative (ASBL) compte des bailleurs publics et privés, tandis que la société anonyme (SA) réunit des actionnaires internationaux tels que l’Agence française de développement, la KfW allemande, BIO (Belgique), la Banque mondiale ou encore Enabel et FMO. Ce tour de table confère au FPM une capacité de mobilisation financière unique et un réseau de partenaires qui couvrent l’ensemble du secteur financier congolais. Pour la seule année 2024, cette gouvernance a permis de porter les actifs sous gestion du FPM SA à 134,8 millions USD et de maintenir un taux de rentabilité de 3 %.
La dynamique de consolidation institutionnelle amorcée en 2024 est donc soutenue par un dialogue permanent entre les organes de gouvernance et les partenaires stratégiques. Cette synergie favorise une prise de décision rapide, nécessaire pour accompagner les institutions financières dans un environnement congolais parfois instable mais porteur de potentiel. Le FPM se présente aujourd’hui comme une plateforme structurée : l’ASBL dispense l’assistance et l’éducation financière ; la SA refinance et garantit les crédits, tout en pilotant des innovations de produit. Cette organisation à deux têtes permet d’adresser les besoins des acteurs du système financier tout en tenant la promesse initiale de réduction de la pauvreté et d’extension de l’inclusion financière.
Par M. KOSI

