Le Gouvernement belge a accordé une garantie d’État couvrant le préfinancement qu’Umicore accorde à la Société du Terril de Lubumbashi (STL), filiale de la Gécamines, dans le cadre de leur partenariat sur le germanium. Le dispositif doit sécuriser l’achat des concentrés produits en RDC, avant leur raffinage final en Belgique.
La garantie approuvée par Bruxelles couvre l’intervention de Credendo, l’agence belge de crédit à l’exportation, qui assure le risque associé au préfinancement accordé par Umicore à STL. Cette architecture doit permettre à l’entreprise belge de mobiliser des ressources avant la livraison complète des concentrés attendus, réduisant ainsi une partie du risque commercial qu’elle supporte. Le montant du préfinancement, la valeur de la garantie et sa durée n’ont pas été publiés à ce stade.
Un partenariat industriel engagé depuis 2023
STL et Umicore avaient signé, le 8 mai 2024, un partenariat technologique et commercial exclusif de long terme portant sur la récupération du germanium contenu dans les anciens résidus miniers de Big Hill, accumulés à Lubumbashi après plusieurs décennies d’exploitation. Ces scories renferment également du zinc, du cuivre, du cobalt et de l’argent.
STL avait mis en service dès 2023 une unité hydrométallurgique destinée à améliorer la récupération et la concentration du germanium. Umicore y intervient comme partenaire technique, chargé d’optimiser les procédés, de contrôler la qualité du produit et de former les équipes congolaises, en contrepartie d’un accès exclusif et pluriannuel aux volumes produits. En octobre 2024, STL avait annoncé la préparation de son premier chargement de concentrés transformés en RDC, destiné à un traitement supplémentaire en Belgique. La garantie belge ne crée donc pas une nouvelle filière, mais vise à sécuriser financièrement une relation commerciale déjà opérationnelle.
La transformation locale reste partielle
Le partenariat permet à la RDC de récupérer et de concentrer localement du germanium qui transitait auparavant par des raffineurs étrangers, une première étape qui augmente la valeur du produit par rapport à l’exportation de résidus non traités. La chaîne de valeur reste toutefois répartie entre les deux pays, STL produisant les concentrés à Lubumbashi tandis qu’Umicore réalise en Belgique les opérations de raffinage avancé nécessaires pour atteindre les niveaux de pureté requis par les industries de l’optique, de l’électronique et des semi-conducteurs.
Cet appui s’inscrit également dans un objectif européen de diversification des approvisionnements en matières critiques. En mars 2025, la Commission européenne avait retenu deux projets belges d’Umicore consacrés au raffinage et au recyclage du germanium parmi les projets stratégiques soutenus par le règlement européen sur les matières premières critiques.
Pour la RDC, l’impact économique de ce partenariat dépendra de l’évolution des volumes traités à Lubumbashi, des emplois techniques créés, des compétences transférées et de la part de valeur effectivement conservée dans le pays. Le document consulté ne précise pas encore l’effet attendu du préfinancement garanti sur les quantités de germanium que STL parviendra à livrer à Umicore dans les prochains mois.
— Peter MOYI









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