La question de la fiabilité des mesures prend une place de plus en plus importante dans le secteur minier du Haut-Katanga. Réunis le 27 mai 2026 à Lubumbashi, les représentants de la Fédération des entreprises du Congo (FEC) Haut-Katanga, de l’Office Congolais de Contrôle (OCC), des entreprises minières et des autorités provinciales ont plaidé pour une modernisation du cadre légal de la métrologie en République démocratique du Congo. Organisé au Centre Hospitalier Tshisekedi Tshilombo autour du thème « La métrologie au service d’une exploitation minière durable », ce forum a rappelé que la précision des mesures influence directement les recettes publiques, les exportations et la confiance dans les échanges commerciaux.
Dans une province où le cuivre et le cobalt représentent une part importante de l’activité économique, les instruments de mesure jouent un rôle central. Une balance mal calibrée ou un système de contrôle imprécis peut entraîner des écarts dans les quantités déclarées, provoquer des contestations entre les entreprises et l’administration, ou encore réduire les revenus fiscaux. Pour Jean-Luc Mpoyo, directeur provincial de la FEC Haut-Katanga, la métrologie ne doit plus être vue uniquement comme un outil lié aux taxes et aux contrôles administratifs. « Chaque tonne de cuivre et chaque gramme de cobalt produits dans le Haut-Katanga représentent des enjeux économiques considérables pour les entreprises comme pour l’État », a-t-il déclaré devant les participants.
Les responsables de l’OCC ont rappelé que la métrologie intervient dans plusieurs secteurs au-delà des mines. Elle concerne aussi les stations-service, les équipements hospitaliers, les balances commerciales ou encore les camions-citernes utilisés dans le transport des produits pétroliers. Selon eux, aucune économie moderne ne peut fonctionner durablement sans un système fiable de contrôle des mesures, surtout dans des secteurs sensibles comme l’industrie, la santé ou le commerce.
Les échanges ont également porté sur l’ancienneté de la législation congolaise dans ce domaine. Les participants ont estimé que les textes actuels ne répondent plus aux réalités industrielles et technologiques du pays. L’histoire moderne de la métrologie en RDC remonte à 1981 avec les premières activités organisées par l’OCC. En 1989, un accord de coopération avec l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel avait déjà identifié plusieurs difficultés, notamment le manque d’équipements adaptés, l’insuffisance du personnel qualifié et les faibles capacités techniques de l’administration publique.
Ces constats avaient conduit au transfert officiel des activités techniques de métrologie à l’OCC en avril 1990. Depuis 1991, l’établissement public a progressivement développé les opérations de contrôle dans plusieurs provinces du pays. Aujourd’hui, les opérateurs économiques du Haut-Katanga demandent une réforme plus large afin d’aligner les pratiques congolaises sur les standards internationaux. Pour eux, l’objectif est de réduire les litiges, sécuriser les recettes publiques et renforcer la crédibilité des minerais congolais sur les marchés mondiaux. Dans une économie fortement dépendante du cuivre et du cobalt, la précision des mesures devient désormais un outil de gouvernance économique autant qu’un instrument technique.
— Peter MOYI




