Le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a indiqué devant le Sénat qu’aucune des 36 entités de traitement du cuivre et du cobalt issues de l’exploitation artisanale contrôlées par les autorités n’était totalement conforme aux exigences réglementaires. Cette audition s’est tenue jeudi 28 mai 2026 dans le cadre du contrôle parlementaire exercé par la chambre haute. Les échanges ont également porté sur la gestion des cautions environnementales imposées aux sociétés minières afin de garantir la réhabilitation des sites après exploitation.
Devant la Commission Environnement, Développement durable, Ressources naturelles et Tourisme du Sénat, le ministre a rappelé que les garanties environnementales prévues par le Code minier servent à couvrir les coûts de réhabilitation lorsque les opérateurs ne respectent pas leurs obligations. Ces cautions constituent une réserve financière mobilisable par l’État pour éviter l’abandon de sites miniers dégradés après l’exploitation. Selon Louis Watum Kabamba, plusieurs mécanismes de contrôle sont déjà appliqués, notamment des inspections sur les sites miniers, des audits périodiques ainsi que l’analyse des rapports environnementaux transmis par les entreprises.
Face aux irrégularités constatées, le gouvernement affirme avoir engagé plusieurs mesures correctives. Les opérateurs disposent d’un moratoire de 30 jours pour régulariser leur situation et certaines entreprises ont déjà été sanctionnées. Le ministère prévoit aussi la création d’un registre numérique national des cautions environnementales. Cette plateforme doit permettre d’améliorer la traçabilité des garanties financières et de renforcer le suivi des engagements environnementaux des sociétés minières.
Une filière artisanale encore confrontée à la fraude et aux problèmes de traçabilité
L’autre dossier au centre de l’audition concernait la filière artisanale du cuivre et du cobalt, considérée comme stratégique pour l’économie congolaise. Une commission multisectorielle a inspecté 36 entités de traitement actives dans cette chaîne de production. Le constat présenté devant les sénateurs reste sévère puisque aucune structure contrôlée n’a été jugée entièrement conforme aux règles en vigueur. Les principales insuffisances relevées concernent la traçabilité des minerais, la conformité administrative et juridique ainsi que le respect des normes environnementales.
Ces difficultés persistent alors que la RDC demeure le premier producteur mondial de cobalt, un minerai utilisé dans la fabrication des batteries électriques, des téléphones et de plusieurs technologies liées à la transition énergétique. Depuis plusieurs années, les autorités congolaises cherchent à mieux encadrer cette filière artisanale confrontée à la fraude, aux exportations illicites, aux risques environnementaux et aux critiques internationales sur les conditions d’exploitation.
À travers cette audition, le gouvernement tente de démontrer sa volonté de renforcer le contrôle du secteur minier et d’améliorer la gouvernance des minerais stratégiques. Mais les conclusions présentées devant le Sénat montrent aussi l’ampleur des défis qui restent à relever pour rendre la chaîne du cuivre et du cobalt plus transparente, mieux contrôlée et conforme aux standards internationaux.
— Peter MOYI




