Mpokoto Ressources Company apparaît dans les statistiques minières du premier semestre 2026 avec 33 kg de concentré d’or produits en juin, contenant 6,67 kg de métal. Le volume reste marginal à l’échelle nationale, mais il intervient moins de deux ans après la constitution d’une nouvelle coentreprise autour de Mpokoto et la cession, en 2025, de quatre permis d’exploitation aurifères à cette société.
Une nouvelle exploitation apparaît dans la cartographie de la production aurifère industrielle congolaise. Les statistiques provisoires et partielles du premier semestre 2026 de la Cellule technique de coordination et de planification minière enregistrent en juin 33 kg de concentré d’or à 20,20 %, correspondant à 6,67 kg d’or contenu, pour Mpokoto Ressources Company, MRC. Le document situe cette production dans le Lualaba, sur la concession de Kisenge Manganèse.
Le chiffre est encore trop faible pour modifier la structure nationale du marché de l’or, largement dominée par Kibali. Son intérêt est ailleurs. Mpokoto est un ancien projet aurifère dont le développement a connu plusieurs changements d’investisseurs et de longues périodes sans production industrielle documentée. L’apparition de MRC dans les statistiques de 2026 fournit donc un premier indicateur physique de reprise d’activité, sans permettre encore de conclure à une production commerciale stabilisée.
Cette prudence est d’autant plus nécessaire que la CTCPM ne qualifie pas les 33 kg enregistrés de production à régime nominal. Elle indique seulement le volume de concentré produit en juin. Aucune cadence mensuelle régulière, aucun objectif annuel 2026 ni capacité industrielle effectivement atteinte n’apparaissent dans les données consultées.
Une nouvelle structure mise en place entre 2024 et 2025
Le redémarrage actuel repose sur un montage plus récent que l’histoire du projet. En novembre 2024, le Conseil des ministres avait approuvé la relance de la Société commerciale La Minière de Kisenge Manganèse, SCMK-Mn, à travers un partenariat avec Bleu Sky Mining SARL et la constitution d’une coentreprise dénommée Mpokoto Ressources Company SAS. Le montage retenu prévoyait, pour les cinq premières années, une participation de 20 % pour SCMK-Mn et de 10 % directement pour l’État congolais. À partir de la sixième année, la participation de SCMK-Mn devait monter à 39 %, portant avec celle de l’État la participation publique à 49 %.
Le même dossier gouvernemental prévoyait la construction d’une usine de traitement d’or à Mpokoto et annonçait environ 600 emplois directs et 1 000 emplois indirects comme objectifs du projet. Il précisait également que l’accord de partenariat était prévu pour vingt ans et que sa première phase devait comprendre des essais de mise en service avant une production conforme à l’étude de faisabilité actualisée.
La nouvelle société a été immatriculée le 30 décembre 2024, avec un capital social de 280 millions CDF. Les données officielles du secteur minier identifient trois actionnaires, SCMK-Mn, Bleu Sky Mining et la République démocratique du Congo. Elles classent MRC comme société minière industrielle active dans la filière aurifère.
En 2025, les permis d’exploitation PE 13122, PE 13123, PE 13124 et PE 13125 ont été cédés de Mines d’Or de Kisenge à Mpokoto Ressources Company. Le registre du Cadastre minier les présente comme actifs dans le territoire de Dilolo, au Lualaba, avec une échéance au 29 septembre 2044. Mining Data Warehouse
Un potentiel historique à ne pas confondre avec la production actuelle
Le projet Mpokoto dispose d’un historique technique beaucoup plus important que les 6,67 kg enregistrés en juin. Des études publiées sous les anciens opérateurs faisaient état d’une ressource d’environ 14,58 millions de tonnes à 1,45 gramme d’or par tonne, soit approximativement 678 100 onces. Une étude de faisabilité ancienne envisageait pour sa première phase une usine de 0,72 million de tonnes par an et une production moyenne proche de 24 900 onces d’or par an.
Ces paramètres datent cependant de l’ancienne configuration du projet. Ils ne constituent ni une réserve actualisée en 2026 ni une prévision de production de MRC. Le gouvernement avait lui-même conditionné la nouvelle phase à une étude de faisabilité actualisée.
La donnée de juin doit donc être lue comme un signal de reprise, pas encore comme la démonstration que Mpokoto a atteint son régime commercial. Les prochains mois devront montrer si cette première production se répète, si les volumes progressent et si l’usine prévue atteint une cadence industrielle mesurable.
Pour le secteur aurifère congolais, c’est précisément ce suivi qui importe. La production industrielle demeure extrêmement concentrée autour de Kibali. L’émergence durable d’un producteur dans le Lualaba constituerait une diversification géographique réelle, mais elle ne pourra être établie qu’avec plusieurs mois de production, des investissements documentés et une capacité industrielle confirmée.
M. KOSI









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