Equity BCDC confirme la montée en puissance du marché congolais dans les résultats d’Equity Group Holdings. En 2025, la filiale basée en République démocratique du Congo a réalisé un bénéfice net de 24,7 milliards de shillings kényans, soit environ 191 millions USD, en hausse de 58 %. Cette performance a fortement contribué au bénéfice net consolidé du groupe bancaire panafricain, établi à 75,5 milliards de shillings kényans, l’équivalent d’environ 585 millions USD.
Cette progression ne relève pas seulement d’une bonne année comptable. Elle traduit le poids croissant de la RDC dans la stratégie régionale d’Equity Group. Le marché congolais offre un volume d’activité élevé, porté par les mines, le commerce, les services, les importations et la demande de financement des entreprises. Dans un pays où l’accès au crédit reste limité pour une grande partie des PME et des ménages, une banque capable d’élargir rapidement son portefeuille de prêts peut capter une part importante de la croissance économique.
Le crédit devient le principal moteur de rentabilité
La hausse des résultats d’Equity BCDC s’explique surtout par l’expansion de son activité de crédit. La banque a augmenté de 17 % ses prêts à l’économie congolaise, portant son portefeuille au-delà de 2,3 milliards USD. Cette évolution montre que l’établissement ne se limite pas à collecter les dépôts ou à accompagner les grandes entreprises. Il renforce aussi son rôle dans le financement direct de l’économie, même si la question de l’accès réel des petites entreprises au crédit reste centrale.
Une partie des financements vise les micro, petites et moyennes entreprises, les jeunes entrepreneurs et les femmes porteuses de projets. Ce segment représente un marché important, mais aussi plus risqué, car beaucoup de PME congolaises évoluent avec une comptabilité fragile, peu de garanties et une forte exposition aux variations du taux de change. Pour réduire ce risque, Equity BCDC s’appuie sur des mécanismes de garantie liés à plusieurs partenaires, dont la Banque mondiale à travers le programme TRANSFORME, le Fonds pour la promotion de la microfinance, Proparco et l’Union européenne. Ces dispositifs permettent à la banque de prêter davantage tout en partageant une partie du risque.
Au niveau du groupe, les indicateurs confirment une expansion plus large. Les actifs totaux ont progressé de 9 % pour atteindre environ 15,3 milliards USD. Les dépôts de la clientèle se sont établis à près de 11,3 milliards USD, tandis que le portefeuille consolidé de crédits a atteint environ 6,8 milliards USD. Ces chiffres montrent qu’Equity Group continue de renforcer sa base financière en Afrique de l’Est et en Afrique centrale. Ils indiquent aussi que les filiales hors Kenya prennent une place plus importante dans la rentabilité du groupe.
La RDC apparaît désormais comme l’un des marchés les plus rentables d’Equity Group. Les filiales régionales contribuent à 48 % du bénéfice net du groupe, ce qui réduit la dépendance au marché kényan. Pour un groupe bancaire panafricain, cette diversification est un avantage, car elle permet de compenser les ralentissements éventuels d’un marché par les performances d’un autre. Pour la RDC, cette évolution confirme l’attractivité de son secteur bancaire, mais elle souligne aussi la nécessité d’un meilleur encadrement du crédit afin d’éviter une hausse des créances impayées.
La solidité d’Equity BCDC repose aussi sur ses performances antérieures. En 2024, la banque avait déjà réalisé un bénéfice net de près de 120 millions USD et affichait un ratio de liquidité de 114 %, au-dessus des exigences de la Banque centrale du Congo. Un ratio de liquidité élevé signifie que la banque dispose d’une réserve suffisante pour répondre aux retraits de ses clients et financer ses opérations courantes. C’est un indicateur important dans un environnement où la confiance reste un élément sensible pour le secteur bancaire.
L’actionnariat de la banque reste dominé par Equity Group Holdings, qui détient 85,67 % du capital. L’État congolais conserve 12,17 %, tandis que la Société financière internationale possède 1,80 %. Cette structure traduit l’ancrage régional du groupe, mais aussi l’héritage de l’ancienne Banque commerciale du Congo, devenue Equity BCDC après son intégration dans le groupe kényan.
Les résultats 2025 montrent donc une banque en forte croissance, mais aussi un marché congolais en pleine transformation. Equity BCDC profite de la taille de l’économie congolaise, de la demande de financement et de l’élargissement progressif des services bancaires. Le défi sera désormais de maintenir cette rentabilité sans relâcher la qualité du crédit, car dans le secteur bancaire, une forte croissance des prêts devient durable seulement si les emprunteurs restent capables de rembourser.
— M. MASAMUNA






