Le crédit bancaire poursuit sa progression en République démocratique du Congo, confirmant une activité soutenue du secteur financier. Selon la dernière note de conjoncture de la Banque centrale du Congo (BCC), l’encours brut des crédits accordés par les banques commerciales a atteint 10,94 milliards de dollars à fin mai 2026, en hausse de 3,1 % par rapport au mois précédent.
Cette évolution intervient alors que les liquidités des banques en monnaie nationale ont reculé au cours de la semaine arrêtée au 19 juin 2026. Les avoirs des établissements bancaires déposés sur leurs comptes courants à la Banque centrale se sont établis à 3.288,2 milliards de francs congolais, en baisse de 110,34 milliards de CDF par rapport à la semaine précédente.
La Banque centrale attribue principalement la progression des crédits à l’augmentation des financements accordés à l’Administration publique centrale (+36,3 %), aux institutions sans but lucratif au service des ménages (+7,3 %) ainsi qu’aux entreprises publiques (+3,3 %). Ces catégories ont constitué les principaux moteurs de la croissance du portefeuille de crédits au cours du mois de mai.
L’analyse par devise montre également une hausse des financements en dollars. Les crédits libellés en devises étrangères ont progressé de 302,9 millions USD, soit 3,1 % sur un mois. Les crédits en monnaie nationale ont, eux aussi, enregistré une croissance de 4,3 %, représentant désormais l’équivalent de 327,83 millions USD, contre une augmentation mensuelle de 13,38 millions USD.
Du côté de l’épargne bancaire, les ménages demeurent les premiers détenteurs de dépôts avec 34,9 % de l’encours total, devant les entreprises privées qui représentent 33,1 % des dépôts du système bancaire. Cette structure confirme que les ressources collectées par les banques reposent principalement sur ces deux catégories d’agents économiques.
La BCC relève également une progression importante des réserves obligatoires en devises. Entre juillet 2025 et la mi-juin 2026, elles sont passées de 512,8 millions USD à 1,037 milliard USD, traduisant une augmentation des dépôts en devises au sein du secteur bancaire. En revanche, les réserves obligatoires en monnaie nationale ont diminué de 25,2 milliards de CDF, pour s’établir à 2.081,1 milliards de CDF.
Ces indicateurs témoignent d’un système bancaire qui continue d’accroître le financement de l’économie, tout en évoluant dans un contexte de gestion plus serrée de la liquidité. Pour les autorités monétaires, l’enjeu reste de maintenir un équilibre entre le soutien au crédit, la stabilité financière et le contrôle des pressions monétaires.
— M. KOSI









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