La région de Drâa-Tafilalet regroupe plus de 400 entreprises minières et représente près de 40 % de la production minière marocaine hors phosphates, selon la Fédération de l’industrie minérale. La profession réclame désormais de meilleures infrastructures logistiques et davantage de transformation locale pour renforcer sa compétitivité.
Drâa-Tafilalet occupe une place centrale dans l’activité minière marocaine hors phosphates. Selon les données présentées par la Fédération de l’industrie minérale lors de la neuvième édition du Morocco Today Forum, la région génère plus de 4 000 emplois directs et contribue à hauteur d’environ 4 milliards de dirhams à l’économie nationale.
La fédération était représentée à cette rencontre organisée à Errachidia par son président, Mohammed Cherrat, aux côtés de Mustapha El Ouafi, président-directeur général d’Aya Gold & Silver. Le forum était consacré au développement territorial et à la recherche d’un modèle d’émergence plus intégré entre les différentes régions du Royaume.
La région dispose de plusieurs sites miniers historiques, notamment Imiter, Bou Azzer, Bleïda, Oumjrane et Imini. Elle accueille également le projet polymétallique de Boumadine, développé par Aya Gold & Silver. La Fédération de l’industrie minérale le présente comme l’un des projets appelés à renforcer le poids du secteur minier régional.
Drâa-Tafilalet possède aussi un potentiel dans les minerais stratégiques et critiques ainsi que dans les énergies renouvelables. L’exploitation économique de ces ressources dépendra toutefois de la capacité des opérateurs à réduire les coûts logistiques, sécuriser les infrastructures et développer des unités locales de traitement.
Les coûts logistiques peuvent atteindre 40 % des charges
La connectivité reste l’une des principales contraintes soulevées par les industriels. Selon la Fédération de l’industrie minérale, les dépenses logistiques peuvent représenter jusqu’à 40 % des charges supportées par certains opérateurs de la région.
Cette structure de coûts réduit la rentabilité des projets et limite leur compétitivité à l’exportation. Elle peut également décourager de nouveaux investissements dans des zones éloignées des principaux axes ferroviaires, industriels et portuaires.
Pour réduire cette contrainte, la fédération soutient le prolongement de la voie ferrée reliant Bouarfa à Errachidia, avec une connexion au futur port de Nador West Med. Une telle infrastructure permettrait de rapprocher les sites miniers des plateformes d’exportation et des zones industrielles.
Le projet reste présenté comme une proposition destinée à désenclaver la région. Son effet économique dépendrait de sa réalisation effective, de son coût, de son calendrier et de sa capacité à répondre aux besoins des opérateurs miniers et des autres secteurs productifs.
La transformation locale au centre des priorités industrielles
Au-delà du transport, la Fédération de l’industrie minérale appelle à accélérer la transformation locale des minerais. L’objectif consiste à développer des filières capables de traiter une part plus importante de la production avant son exportation.
Une telle orientation pourrait augmenter la valeur créée sur le territoire, soutenir l’emploi qualifié et élargir le tissu industriel régional. Elle suppose toutefois des investissements dans l’énergie, les équipements, les compétences techniques et les infrastructures nécessaires au fonctionnement des unités de transformation.
La fédération lie également cette ambition à la réforme du Code minier et à l’amélioration de l’environnement des affaires. Pour les entreprises, la stabilité réglementaire et la clarté des procédures influencent directement la décision d’engager des capitaux dans des projets dont la rentabilité se mesure sur plusieurs années.
Une réunion organisée en marge du forum avec la Confédération générale des entreprises du Maroc à Drâa-Tafilalet a également porté sur le renforcement des très petites, petites et moyennes entreprises de la région. L’enjeu sera de déterminer dans quelle mesure les grands projets miniers pourront créer des débouchés durables pour les fournisseurs, les sous-traitants et les entrepreneurs locaux.
— M. MASAMUNA









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