Le Comité de suivi des prix des produits pétroliers a certifié 146,724 millions USD de pertes et manques à gagner au deuxième trimestre 2026. Les zones Ouest et Nord concentrent à elles seules 110,428 millions USD, soit un peu plus de 75 % du montant national.
Le coût associé au maintien des prix des carburants en République démocratique du Congo continue de peser sur les relations financières entre l’État et les opérateurs pétroliers. À l’issue des travaux organisés les 13 et 14 août 2026, le Comité de suivi des prix des produits pétroliers, CSPPP, a validé 146 723 912,42 USD de pertes et manques à gagner pour les sociétés actives dans les quatre zones d’approvisionnement du pays. La certification porte sur le deuxième trimestre et ne doit pas être confondue avec le paiement intégral de cette somme aux entreprises concernées.
Dans le détail, les zones Ouest et Nord représentent 110 427 792,32 USD. La zone Sud totalise 31 188 382,63 USD, tandis que l’Est représente 5 107 737 USD. Les deux premières zones concentrent ainsi environ 75,3 % du montant certifié, contre 21,3 % pour le Sud et 3,5 % pour l’Est, selon un calcul de Lepoint.cd à partir des données du ministère de l’Économie nationale. Cette concentration montre que l’exposition financière du mécanisme varie fortement selon les circuits d’approvisionnement et les volumes consommés.
Plus de 110 millions USD concentrés dans les zones Ouest et Nord
Le mécanisme des PMAG vise à reconnaître l’écart supporté par les sociétés pétrolières lorsque les paramètres réels d’approvisionnement ne sont pas entièrement répercutés dans les prix appliqués sur le marché intérieur. Pour le deuxième trimestre, le gouvernement affirme avoir maintenu les prix à la pompe malgré la hausse des coûts internationaux afin de limiter leur transmission aux ménages et aux entreprises.
Le ministère de l’Économie nationale indique notamment que les références internationales utilisées pendant la période ont fortement progressé pour l’essence, le gasoil et le Jet A1 ou kérosène dans le contexte de la crise dans le Golfe persique. Ces pourcentages sont ceux présentés par le gouvernement dans son communiqué et doivent être lus comme les paramètres retenus pour expliquer l’évolution des coûts d’approvisionnement, plutôt que comme une mesure générale du cours mondial du pétrole brut.
L’arbitrage consiste donc à éviter une transmission immédiate de la hausse des coûts au consommateur tout en reconnaissant une créance aux opérateurs. Cette politique déplace une partie du choc vers les finances publiques. La certification constitue l’étape permettant de déterminer les montants reconnus, avant leur apurement selon les mécanismes retenus par l’État.
Le gouvernement affirme avoir déjà utilisé des avances sur PMAG pour fournir des liquidités aux entreprises pétrolières et avoir étendu ce dispositif aux sociétés logistiques. Selon le Comité de réglementation des prix des produits stratégiques, ces avances et l’utilisation des lignes de stock de sécurité ont contribué à contenir le niveau des PMAG au deuxième trimestre. Le ministère n’assimile cependant pas les 146,724 millions USD certifiés à un décaissement déjà intégralement effectué.
Entre stabilité des prix et engagements envers les pétroliers
Du côté des opérateurs, Joseph Makondo Maboko, président du Comité professionnel des pétroliers nationaux à la Fédération des entreprises du Congo, estime que les avances versées ont facilité la poursuite des activités et réduit les difficultés de trésorerie des sociétés. Les travaux ont notamment associé Engen, Cobil, Lerexcom, SEP Congo, TotalEnergies, GPDPP, SPSA Cobil et SOCIR, ainsi que plusieurs administrations publiques.
Le chiffre de 146,7 millions USD sur trois mois permet surtout de mesurer le coût financier que peut générer une politique de stabilisation lorsque les prix internationaux et les coûts d’approvisionnement évoluent plus rapidement que les prix domestiques. Pour l’État, la difficulté consiste à protéger le consommateur sans laisser s’accumuler des créances susceptibles de fragiliser les importateurs, les logisticiens et, à terme, l’approvisionnement du marché.
La prochaine donnée déterminante sera donc le niveau des paiements effectivement exécutés sur ces montants certifiés et l’évolution des PMAG au troisième trimestre. Une diminution durable permettrait de réduire la pression financière du mécanisme, tandis qu’une nouvelle accumulation accroîtrait les engagements à apurer envers les opérateurs pétroliers.
— J. KAKESA









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