Le cuivre s’est hissé à 14 343 USD la tonne au London Metal Exchange le 25 août, à seulement 1,27 % de son record historique. Le déclencheur n’est pas une pénurie mondiale absolue, mais un déplacement massif des stocks vers les États-Unis. Avec 65 400 tonnes désormais destinées à sortir des entrepôts du LME, la bataille commerciale américaine peut indirectement soutenir les prix obtenus par la RDC, deuxième producteur mondial de cuivre.
Le marché du cuivre se rapproche à nouveau de son sommet de 14 527,50 USD la tonne. Mardi, le contrat à trois mois du LME a atteint 14 343 USD après l’enregistrement d’ordres portant sur le retrait de 65 400 tonnes des entrepôts de la bourse londonienne. Aux cours actuels, ces volumes représentent près de 938 millions USD de métal, selon un calcul de Lepoint.cd.
Le phénomène est inhabituel parce que le cuivre ne manque pas nécessairement à l’échelle mondiale. CRU anticipait encore un surplus mondial de 639 000 tonnes en 2026. Mais une partie croissante du métal disponible est attirée vers les États-Unis, où les stocks du COMEX ont progressé pendant 46 séances consécutives pour atteindre un record de 675 185 tonnes. Dans le même temps, les stocks immédiatement disponibles au LME sont tombés autour de 90 000 tonnes.
Cette concentration est alimentée par l’incertitude tarifaire américaine. Washington doit encore décider s’il appliquera aux importations de cuivre raffiné un droit de 15 % à partir du 1er janvier 2027, puis de 30 % en 2028. Dans l’attente, les traders ont intérêt à acheminer du cuivre vers les États-Unis afin de profiter de prix américains plus élevés et de constituer des stocks avant une éventuelle taxation. Les États-Unis ont déjà importé près de 885 000 tonnes de cathodes raffinées au premier semestre 2026, plus du double du niveau observé deux ans auparavant.
La RDC peut profiter du prix sans vendre directement aux États-Unis
Pour la RDC, cette mécanique est importante même si le cuivre congolais n’est pas nécessairement expédié vers le marché américain. Les contrats des producteurs sont largement influencés par les références internationales comme le LME. Une raréfaction du métal disponible à Londres peut donc soutenir les prix de référence utilisés dans les transactions mondiales.
L’exposition congolaise est considérable. L’US Geological Survey estime que la RDC a produit environ 3,2 millions de tonnes de cuivre minier en 2025, soit près de 13 % de la production mondiale, ce qui la place au deuxième rang derrière le Chili. Les exportations congolaises avaient atteint environ 3,4 millions de tonnes sur la même année selon Reuters.
Mais la hausse actuelle présente aussi un risque pour les investisseurs qui la considéreraient comme durable. Le directeur général de Glencore, Gary Nagle, estime qu’une décision américaine claire, qu’elle retienne un tarif de 0 %, 15 % ou 30 %, pourrait au contraire détendre les prix en supprimant l’incertitude qui pousse actuellement les acteurs à accumuler du métal aux États-Unis.
Le scénario est donc différent d’une pénurie classique. Le monde peut disposer de suffisamment de cuivre tout en connaissant une pénurie régionale si les stocks sont immobilisés au mauvais endroit. Pour la RDC, cette fragmentation du marché peut prolonger des prix supérieurs à 14 000 USD, mais elle rend aussi la hausse plus vulnérable à une simple décision commerciale de Washington.
Le prochain record du cuivre pourrait ainsi dépendre autant des entrepôts américains que des mines du Chili, du Pérou ou de la RDC.
Noella NGOLA









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