La compétitivité minière ne se joue plus seulement sur la qualité des gisements. À l’Egypt Mining Forum 2026, Louis Watum Kabamba a placé la sécurité des investissements, la stabilité réglementaire, l’énergie et les infrastructures parmi les conditions nécessaires pour attirer les capitaux. L’Égypte, pays hôte, a présenté un indicateur concret de sa propre réforme avec 403 offres déposées par 119 entreprises sur 118 blocs miniers.
La République démocratique du Congo a remis la question de l’environnement d’investissement au centre de son discours minier international. Présent les 28 et 29 septembre 2026 au Caire pour la cinquième édition de l’Egypt Mining Forum, le ministre des Mines Louis Watum Kabamba est intervenu dans un panel consacré à la compétitivité des juridictions minières, à la stabilité fiscale et à l’investissement. Sa participation au programme officiel du Forum est confirmée par les organisateurs, aux côtés notamment de responsables égyptiens, saoudiens, ghanéens, tanzaniens et nigérians. Forum Minier Égyptien
Le ministre congolais a identifié quatre paramètres qu’il considère déterminants pour l’attractivité d’un pays minier, à savoir la sécurité des investissements, la stabilité du cadre réglementaire, l’État de droit et l’accès à une énergie ainsi qu’à des infrastructures compétitives. Dans ses échanges avec son homologue égyptien Karim Badawi, les discussions ont également porté sur les données géologiques, la recherche appliquée, la transformation locale, la formation et les investissements. Louis Watum a aussi rencontré le vice-ministre saoudien des Affaires minières autour des perspectives de coopération entre Kinshasa et Riyad.
Ces thèmes recoupent directement les interrogations des investisseurs qui engagent des capitaux sur des projets dont le développement peut s’étendre sur plusieurs années. Le panel auquel participait la RDC était précisément consacré à la manière dont la politique publique, la stabilité fiscale et les conditions d’investissement déterminent la compétitivité des juridictions minières.
L’Égypte mesure déjà l’intérêt suscité par sa réforme minière

Le contexte égyptien donne à ce débat une dimension plus concrète. Au lancement du Forum, le ministre Karim Badawi a annoncé que 119 entreprises, dont plus de 14 sociétés étrangères, avaient présenté 403 offres portant sur 118 blocs miniers dans le cadre du nouveau système égyptien de zones ouvertes. Ces blocs font partie de 335 zones proposées et couvrent environ 45 000 km², avec notamment des perspectives sur l’or, le phosphate, le talc et le kaolin. Ministère du Pétrole
Cela représente, d’après le calcul de notre rédaction à partir des chiffres communiqués par les autorités égyptiennes, environ 3,4 offres par bloc ayant suscité une candidature. L’indicateur ne mesure pas encore les investissements effectivement engagés ni les découvertes futures, mais il permet déjà d’évaluer l’intérêt initial des entreprises pour le nouveau dispositif.
L’Égypte a modifié son système d’accès aux zones d’exploration pour permettre aux investisseurs de présenter des demandes tout au long de l’année, plutôt que d’attendre uniquement des appels périodiques. Les autorités travaillent parallèlement sur la numérisation de l’accès aux données et aux opportunités minières, avec l’objectif déclaré d’accélérer les procédures et d’améliorer la lisibilité du cadre d’investissement.
Le pays vise à terme une contribution du secteur minier représentant environ 6 % du PIB, contre une place aujourd’hui beaucoup plus limitée dans son économie. Cette ambition s’accompagne également d’investissements dans la transformation. Le gouvernement égyptien cite notamment huit projets de valorisation minérale, dont un complexe d’acide phosphorique de 250 000 tonnes par an nécessitant jusqu’à 650 millions USD d’investissement.
Pour la RDC, la comparaison est particulièrement pertinente alors que Kinshasa cherche simultanément à attirer de nouveaux capitaux dans l’exploration, à améliorer la connaissance géologique du territoire et à accroître la transformation locale de ses minerais. Le discours porté au Caire place donc la question de la compétitivité au-delà du potentiel géologique lui-même. Pour les investisseurs, la disponibilité de l’électricité, la logistique, la prévisibilité fiscale et réglementaire ainsi que l’accès aux données peuvent directement influer sur le coût, le calendrier et la rentabilité d’un projet.
Les discussions engagées avec l’Égypte sur les données géologiques, la recherche et la transformation locale donnent également une dimension opérationnelle potentielle à cette coopération. La prochaine mesure utile sera toutefois l’évolution des projets, programmes techniques ou investissements qui pourront découler de ces échanges entre les deux administrations minières.
M. MASAMUNA









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