Le sommet de Washington a prolongé jusqu’au 10 janvier 2027 la suspension des contrôles chinois sur les terres rares, sans accord documenté sur les minerais critiques. Pour la RDC, qui plafonne ses exportations de cobalt à 96 600 tonnes par an, la transformation reste concentrée en Chine.
Donald Trump et Xi Jinping se sont rencontrés à Washington du 23 au 25 septembre 2026. Le sommet a repoussé du 10 novembre 2026 au 10 janvier 2027 l’échéance de la suspension des restrictions chinoises à l’exportation de terres rares, selon le Bloomsbury Intelligence and Security Institute. Aucun règlement sur les minerais critiques n’a été documenté conjointement par les deux parties.
Ce report vise les terres rares, pas le cobalt ni le cuivre congolais. Il rappelle pourtant que le rapport de force se joue en aval de la mine. Dans une tribune publiée le 1er octobre par Stars and Stripes, l’analyste Guy Kioni estime que la vulnérabilité américaine tient au raffinage et à la fabrication de composants plus qu’à l’extraction. Selon l’Agence internationale de l’énergie, la Chine a raffiné 78 % du cobalt mondial en 2024.
La RDC pèse surtout par ses volumes. Elle fournit plus de 70 % de la production minière mondiale de cobalt, et l’Autorité de régulation et de contrôle des marchés des substances minérales stratégiques (ARECOMS) limite ses exportations à 96 600 tonnes par an en 2026 et 2027, dont 9 600 tonnes de réserve stratégique. Ce plafond représente environ la moitié des volumes de 2024. Il s’applique au cobalt contenu dans des hydroxydes, un produit intermédiaire qui doit être raffiné ailleurs. À l’automne 2025, la RDC ne comptait aucune capacité de raffinage de cobalt en activité, selon Fastmarkets.
Le cuivre se tourne vers les États-Unis, depuis un niveau très bas
Sur le cuivre, le rééquilibrage est visible. La part des ventes congolaises destinées aux États-Unis et à l’Europe a doublé au premier semestre 2026 par rapport à 2025, selon la Cellule technique de coordination et de planification minière (CTCPM), grâce aux prélèvements de la Gécamines sur la production des mines où elle détient des parts.
Le point de départ explique l’écart restant. En 2024, les échanges de la RDC avec la Chine ont avoisiné 28 milliards de dollars, contre 1,6 milliard avec les États-Unis, d’après les chiffres du commerce extérieur cités par Mines.cd. Les échanges avec la Chine sont donc plus de 17 fois supérieurs, selon un calcul de Lepoint.cd. Le partenariat signé avec Washington en décembre 2025 ouvre aux entreprises américaines un accès préférentiel à des sites miniers d’État, sans modifier cette asymétrie à court terme.
Le 10 janvier 2027 fixe la prochaine échéance côté chinois. Côté congolais, l’ARECOMS s’est réservé le droit d’ajuster les volumes de 2027 selon l’évolution du marché du cobalt.
M. MASAMUNA









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