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FMI : un baril à 96 dollars en 2026, et une RDC protégée pour l’instant par le cuivre et le franc

Le Fonds monétaire international relève à 3,1 % sa prévision de croissance mondiale pour 2026, mais table sur un pétrole à près de 96 dollars le baril en moyenne, en hausse de 41 % sur un an. La RDC, importatrice de carburant et exportatrice de cuivre, encaisse les deux effets à la fois.

baril de pétrole

Le Fonds monétaire international relève à 3,1 % sa prévision de croissance mondiale pour 2026, mais table sur un pétrole à près de 96 dollars le baril en moyenne, en hausse de 41 % sur un an. La RDC, importatrice de carburant et exportatrice de cuivre, encaisse les deux effets à la fois.

Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une croissance mondiale de 3,1 % en 2026, contre 3 % dans ses projections de juillet, selon ses Perspectives de l’économie mondiale publiées le 13 octobre à Bangkok, en ouverture des assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale. La croissance remonterait à 3,4 % en 2027. Le scénario repose sur un baril de pétrole à 95,74 dollars en moyenne en 2026, en hausse d’environ 41 % sur 2025, puis à 87,39 dollars en 2027. L’inflation mondiale atteindrait 4,7 % cette année, contre 4,1 % en 2025.

L’institution attribue la résistance de l’économie mondiale aux investissements massifs dans l’intelligence artificielle, qui compensent le choc énergétique né de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée en février. Sa cheffe économiste, Silvana Tenreyro, prévient qu’un conflit prolongé alimenterait l’inflation et freinerait la croissance. Le FMI souligne aussi que 32 économies génèrent désormais 95 % de la croissance mondiale, contre 54 en avril. Pour l’Afrique subsaharienne, la prévision 2026 est relevée à 4,5 %, contre 4,3 % en juillet.

Deux chocs de sens contraire pour la RDC

Pour la République démocratique du Congo (RDC), le pétrole cher pèse sur la facture des carburants importés, le transport routier des minerais vers les ports et le coût de l’électricité produite au diesel par les mines. Le même environnement soutient pourtant ses recettes. Le cuivre, premier produit d’exportation du pays, s’échangeait autour de 14 400 dollars la tonne au London Metal Exchange début septembre 2026, soutenu par la demande liée aux centres de données et à l’électrification.

La monnaie a, jusqu’ici, amorti le choc pétrolier pour les ménages payés en francs. Le gouverneur de la Banque centrale du Congo, André Wameso, a indiqué en août que le litre de carburant à la pompe était passé de 2 940 à 2 440 francs congolais grâce à l’appréciation du franc, soit une baisse de 17 %, d’après un calcul de Lepoint.cd. Dans sa revue de juillet, le FMI tablait sur une croissance congolaise de 5,6 % en 2026, et la BCC l’estime à plus de 6 %.

L’équilibre reste fragile. Le scénario du FMI suppose une réouverture du détroit d’Ormuz d’ici mars 2027. Si le conflit s’étend, le pétrole resterait plus cher plus longtemps, et un ralentissement des grandes économies finirait par toucher la demande de cuivre et de cobalt. La RDC subirait alors la hausse de ses importations sans la compensation de ses exportations. Pour un budget dont une large part des recettes dépend des mines, c’est ce scénario, plus que le pétrole seul, qui constitue le vrai risque.