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Corridor de Lobito

Corridor de Lobito : 2 millions de tonnes de fret déjà annoncées pour la ligne zambienne

Le projet de chemin de fer reliant la Zambie au port angolais de Lobito franchit une nouvelle étape. Les entreprises pressenties pour la construction ont été sélectionnées et des engagements de transport portant sur près de 2 millions de tonnes de marchandises par an ont déjà été enregistrés. Le bouclage financier est attendu en 2027.

Corridor de Lobito : 2 millions de tonnes de fret déjà annoncées pour la ligne zambienne
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Le projet de chemin de fer reliant la Zambie au port angolais de Lobito franchit une nouvelle étape. Les entreprises pressenties pour la construction ont été sélectionnées et des engagements de transport portant sur près de 2 millions de tonnes de marchandises par an ont déjà été enregistrés. Le bouclage financier est attendu en 2027.

Le projet ferroviaire Zambie-Lobito se rapproche progressivement de sa phase de réalisation. À Lusaka, le président zambien Hakainde Hichilema a reçu, le 3 novembre, une délégation de l’Africa Finance Corporation (AFC), conduite par son président-directeur général, Samaila Zubairu. Les échanges ont essentiellement porté sur l’évolution du projet, les avancées enregistrées et les conditions nécessaires à la mobilisation des financements.

Longue d’environ 830 kilomètres, cette future ligne ferroviaire doit relier Chingola, dans la région minière de la Copperbelt, à Luacano, en Angola. Elle sera raccordée au chemin de fer de Benguela, offrant ainsi à la Zambie une liaison directe avec le port de Lobito, sur la côte atlantique.

Sur le terrain, plusieurs étapes ont déjà été franchies. Le mois dernier, l’AFC a annoncé la sélection des soumissionnaires privilégiés pour les contrats d’ingénierie, d’approvisionnement et de construction (EPC) des sections zambienne et angolaise. Cette sélection fait suite à un appel d’offres international.

Autre avancée : des protocoles d’accord et des lettres d’intention ont été signés avec de potentiels utilisateurs de la future infrastructure. Ces engagements représentent un volume de marchandises estimé à près de 2 millions de tonnes par an, un premier indicateur de l’intérêt commercial suscité par le projet.

En outre, l’enjeu dépasse toutefois le seul transport des minerais. Si la ligne doit faciliter l’acheminement du cuivre et d’autres ressources stratégiques vers les marchés internationaux, ses promoteurs entendent également en faire un axe de développement pour les secteurs agricole, pétrolier et manufacturier. À terme, le trafic annuel est estimé à 5 millions de tonnes, comprenant notamment du cuivre, du cobalt, du zinc, des produits agricoles et des marchandises industrielles.

Pour les opérateurs économiques, le gain attendu concerne aussi les délais d’acheminement. Le transport entre la Copperbelt et le port de Lobito devrait prendre environ sept jours, ouvrant une nouvelle voie d’accès à l’Atlantique pour les exportations zambiennes.

Lors de la rencontre avec la délégation de l’AFC, les discussions ont également porté sur les contraintes foncières et réglementaires. La mise à disposition de l’emprise ferroviaire, l’identification des terrains destinés aux installations agricoles, pétrolières et logistiques figurent parmi les dossiers à faire avancer.

L’intégration de la nouvelle ligne au réseau des Chemins de fer zambiens, notamment à l’axe Chingola-Ndola, a également été abordée.

Hakainde Hichilema a réaffirmé le soutien de son gouvernement à cette infrastructure, qu’il considère comme un levier de compétitivité économique. Pour le président zambien, cette connexion ferroviaire doit permettre de réduire les coûts de transport, de faciliter l’accès aux marchés internationaux, d’attirer les investissements et de stimuler la création d’emplois.

De son côté, Samaila Zubairu a mis l’accent sur les perspectives de transformation industrielle qu’offre le projet. Le patron de l’AFC estime que la nouvelle ligne peut inciter la Zambie à transformer davantage ses ressources naturelles sur place, plutôt que de les exporter à l’état brut. Il a indiqué que son institution travaillait avec les gouvernements zambien et angolais ainsi qu’avec plusieurs partenaires financiers pour boucler le financement.

Parmi ces partenaires figurent la Banque africaine de développement, l’Union européenne, les gouvernements américain et italien, ainsi que les institutions italiennes CDP et SACE.

Eldad B.