Le Département d’État américain ouvre un programme pouvant mobiliser jusqu’à 500 millions USD pour soutenir des projets liés aux minerais critiques, à l’énergie, aux infrastructures, aux télécommunications et aux technologies en Afrique subsaharienne. Les financements individuels pourront varier entre 5 et 50 millions USD.
Le Bureau des affaires africaines du Département d’État américain a lancé le U.S.-Africa Strategic Investment Program, un mécanisme destiné à soutenir des projets capables de faciliter les investissements privés américains ou alignés sur les intérêts économiques des États-Unis en Afrique subsaharienne.
L’enveloppe totale annoncée atteint 500 millions USD, sous réserve de la disponibilité effective des crédits. Le programme envisage environ dix attributions, avec des montants compris entre 5 et 50 millions USD par projet et une durée d’exécution de douze à trente-six mois. Les fonds proviennent du National Security Investment Program pour l’exercice 2026 et devront être engagés au plus tard le 30 septembre 2027. Les projets retenus pourront commencer progressivement, mais leur lancement est attendu avant le 1er octobre 2027.
Le dispositif ne finance pas directement des entreprises africaines sur la seule base d’une demande d’investissement. Les candidats éligibles sont les entreprises et organisations américaines ou considérées comme alignées sur les États-Unis, les organisations à but non lucratif ainsi que les organisations internationales publiques. Les interventions proposées doivent bénéficier à un ou plusieurs pays d’Afrique subsaharienne.
Les minerais critiques et le corridor de Lobito parmi les priorités
Le premier axe du programme porte sur les minerais critiques. Washington recherche des projets capables d’améliorer la gouvernance du secteur, les données géologiques, la formation technique, les capacités locales de transformation et les infrastructures nécessaires à l’exploitation et au transport des ressources.
Les financements pourront notamment soutenir la cartographie géologique, les études de faisabilité, le conseil transactionnel, l’amélioration des cadres réglementaires et le développement de capacités alternatives de traitement et de raffinage.
Le Département d’État souhaite également réduire la concentration des chaînes mondiales d’approvisionnement et faciliter l’entrée d’entreprises américaines dans les projets miniers africains. Parmi les indicateurs de performance retenus figure le volume de minerais critiques transportés par le corridor de Lobito, qui relie les zones minières de la RDC et de la Zambie au port angolais de Lobito.
Cette référence place directement l’Afrique centrale parmi les régions susceptibles d’accueillir les projets soutenus. Pour la RDC, les propositions les plus compétitives pourraient porter sur la préparation de projets miniers bancables, la transformation locale, la traçabilité, les infrastructures énergétiques et logistiques ainsi que la formation des compétences nationales.
Le programme privilégiera les initiatives démontrant une participation claire d’entreprises américaines ou alliées et une contribution mesurable à la sécurité des chaînes d’approvisionnement des États-Unis. Il ne s’agit donc pas d’un mécanisme d’aide générale, mais d’un outil de diplomatie économique conçu autour d’intérêts commerciaux et stratégiques précis.
Énergie, numérique et commerce également concernés
Le deuxième axe, consacré à l’accélération de la diplomatie commerciale, couvre l’énergie, les télécommunications, l’intelligence artificielle, les technologies émergentes, les infrastructures de transport et la facilitation des échanges.
Les projets pourront viser l’augmentation de la production et du transport d’électricité, la modernisation des réseaux, l’accès au gaz naturel liquéfié, le développement des paiements numériques ou l’amélioration des systèmes douaniers.
Le document cite également l’adoption de technologies américaines dans le cloud, l’intelligence artificielle, la cybersécurité et les télécommunications ouvertes, notamment les standards Open RAN, 5G et 6G. Les solutions proposées devront améliorer l’environnement des affaires tout en facilitant l’entrée ou l’expansion d’entreprises américaines sur les marchés africains. Les activités de construction ne sont pas éligibles au financement. Le programme pourra toutefois prendre en charge les études, l’assistance technique, la préparation des transactions, la formation et les interventions destinées à réduire les risques avant l’engagement des investisseurs.
La sélection se déroulera en deux étapes. Les candidats doivent d’abord transmettre une déclaration d’intérêt synthétique, appelée SOI, comprenant une page d’informations principales, une présentation narrative limitée à deux pages et un budget résumé d’une page. Tous les documents doivent être rédigés en anglais et rassemblés dans un seul fichier PDF. La première fenêtre de dépôt est ouverte jusqu’au 21 août 2026 à 23 h 59, heure de l’Est des États-Unis. Les questions et les notifications facultatives d’intention doivent être envoyées avant le 2 août. Trois autres périodes de soumission sont prévues jusqu’au 31 mai suivant.
La qualité et la faisabilité du projet représenteront 40 % de la notation. L’expérience de l’organisation comptera pour 25 %, la mobilisation de ressources et de partenariats pour 20 %, tandis que la planification et la capacité à atteindre les résultats pèseront 15 %.
Le dépôt d’une déclaration d’intérêt ne garantit aucun financement. Les candidats présélectionnés seront invités à participer à une phase de conception conjointe ou à soumettre une proposition complète avant toute décision d’attribution.
— Peter MOYI









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