La mobilisation des ressources financières pour soutenir la transformation économique du continent a dominé les échanges lors des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) tenues à Brazzaville. Pendant ces assises, les dirigeants africains et partenaires internationaux ont appelé à des réformes structurelles pour renforcer la résilience des économies africaines. Et ce, face à un contexte international marqué par les tensions géopolitiques, la réduction de l’aide publique au développement et le poids croissant de la dette.
Malgré ces défis, les perspectives demeurent encourageantes. Selon le rapport Perspectives économiques en Afrique 2026, présenté au cours des travaux, le continent devrait enregistrer une accélération de sa croissance économique l’année prochaine. Cette dynamique serait notamment soutenue par la vigueur de la demande intérieure, les investissements dans les infrastructures ainsi que l’expansion du commerce intra-africain.
Mais pour les responsables de la BAD, cette embellie ne doit pas masquer les fragilités persistantes.
Le président du Groupe, Sidi Ould Tah, a mis en garde contre les contraintes qui continuent de peser sur les finances publiques africaines, notamment le coût élevé du service de la dette et les effets des changements climatiques.
Lors de son intervention, Jenny Chapman, représentante du Royaume-Uni, a dénoncé le faible niveau des investissements orientés vers l’Afrique malgré les opportunités qu’offre le continent. Elle a notamment critiqué les systèmes internationaux de notation financière, estimant qu’ils contribuent à renchérir le coût du financement pour les pays africains.
Dans la foulée, Londres a annoncé un soutien financier comprenant 70 millions de livres sterling de capital hybride ainsi que 3 milliards de dollars de garanties en faveur de la BAD.
Par ailleurs, les discussions ont également mis en lumière plusieurs expériences nationales présentées comme des modèles de résilience économique.
En Tanzanie, le Premier ministre Mwigulu Nchemba a expliqué que près de 70 % du budget national est désormais couvert par les recettes domestiques grâce à la modernisation de l’administration fiscale et à une meilleure gestion des dépenses publiques. Une stratégie qui permet au pays de réduire progressivement sa dépendance aux financements extérieurs.
Au Botswana, le vice-président Ndaba Gaolathe a insisté sur la nécessité de renforcer les institutions publiques afin de créer un environnement favorable à l’investissement. Selon lui, la qualité de la gouvernance demeure un facteur déterminant dans la capacité des États à attirer les capitaux et à soutenir une croissance durable.
Au-delà des politiques nationales, les intervenants ont souligné l’urgence d’accélérer l’intégration économique du continent.
De son côté, le secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, Claver Gatete, a appelé les gouvernements à améliorer la mobilisation des recettes fiscales. Il a rappelé que le ratio impôts/PIB en Afrique reste le plus faible au monde, autour de 16 %, loin du seuil de 25 % jugé nécessaire pour financer efficacement les priorités de développement. Il a également plaidé pour une mise en œuvre plus rapide de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
La question du capital humain a également occupé une place importante dans les débats. Diene Keita, du Fonds des Nations unies pour la population, a souligné que les investissements dans les femmes et les jeunes constituent un levier essentiel pour stimuler la productivité, l’innovation et la croissance inclusive.
À l’issue des travaux, un message s’est imposé : l’avenir économique de l’Afrique dépendra largement de sa capacité à mobiliser davantage de ressources internes, à améliorer son environnement des affaires et à attirer des investissements à grande échelle.
Eldad B.




