Le gouvernement congolais veut lever 70 millions USD sur le marché financier local avec une nouvelle émission d’obligations du Trésor en dollars, ouverte mardi 10 février 2026, selon le ministère des Finances. Le taux d’intérêt annoncé reste fixé à 9 % par an, pour une durée de 18 mois.
Cette opération marque la troisième sortie du Trésor congolais sur le marché domestique depuis le début de 2026. Le ministère inscrit l’émission dans son calendrier indicatif des titres publics, un outil qui permet aux investisseurs de se préparer aux dates et aux montants recherchés.
Pourquoi le Trésor mise sur le marché local et sur le dollar
En allant sur le marché financier domestique, l’État cherche à financer une partie de son budget avec des ressources collectées à l’intérieur du pays. Concrètement, une obligation du Trésor est un emprunt : l’investisseur prête de l’argent à l’État et reçoit, en échange, un intérêt chaque année, puis le remboursement du montant prêté à l’échéance.
Le ministère des Finances indique viser plus de 600 millions USD de mobilisation sur le marché des titres publics au premier trimestre 2026. Dans ce plan, les autorités comptent solliciter 600 milliards CDF via des émissions en monnaie nationale et 400 millions USD via des titres libellés en devises.
Sur le marché, les titres en dollars attirent davantage d’investisseurs que ceux en franc congolais, d’après les données récentes évoquées dans le communiqué. Cette préférence s’observe même si les titres en CDF proposent souvent des taux d’intérêt un peu plus élevés. La raison est simple : quand un investisseur place en CDF, il surveille le risque de change, c’est-à-dire la possibilité que la monnaie perde de la valeur par rapport au dollar avant le remboursement.
Le franc congolais s’est apprécié sur le marché de change au cours des quatre derniers mois, mais les investisseurs restent attentifs à la suite : si le taux de change bouge, le gain obtenu en CDF peut se réduire une fois converti en dollars. En multipliant ces émissions, le gouvernement veut financer le budget, faire grandir le marché financier local et réduire, progressivement, le recours aux financements extérieurs.
— M. MASAMUNA

