By using this site, you agree to the Privacy Policy and Terms of Use.
Accept
LePoint.cdLePoint.cdLePoint.cd
  • Économie
  • Mines
  • Infrastructure
  • Énergie
  • Agriculture
  • Technologie
  • Opportunités
  • Décryptage
  • Africa-Monde
Reading: La vérité derrière l’effondrement de la Gécamines : chiffres, dettes et silences d’État
Partagez
Notification Show More
Font ResizerAa
LePoint.cdLePoint.cd
Font ResizerAa
Have an existing account? Sign In
Follow US
© 2022 Foxiz News Network. Ruby Design Company. All Rights Reserved.
3TA la uneÉconomieMines

La vérité derrière l’effondrement de la Gécamines : chiffres, dettes et silences d’État

La Rédaction
Dernière mise à jour : juin 18, 2025 10:22 am
La Rédaction
il y a 12 mois
Partagez
Gécamines
Partagez

La Gécamines, longtemps colonne vertébrale de l’économie minière congolaise, traverse une phase critique qui questionne profondément la gouvernance publique en République démocratique du Congo. Produisant à peine 10 000 tonnes de cuivre par an – un niveau dérisoire comparé à son passé industriel – l’entreprise nationale ne fonctionne aujourd’hui ni avec un budget structuré, ni avec une planification opérationnelle digne de ce nom. Le constat dressé par la mission parlementaire conduite par le député John Kabeya Mbonda, dont le rapport a été remis le 9 juin au président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, confirme l’ampleur des dérèglements internes.

Le cœur du problème réside dans l’incapacité de la Gécamines à générer de la valeur en propre. Loin de ses ambitions initiales, elle dépend désormais des dividendes issus de partenariats, sans levier industriel autonome. L’expert du secteur extractif Jean-Pierre Okenda évoque une entreprise « devenue société de services« , piégée dans des logiques politiques où les objectifs économiques sont systématiquement dilués. Il souligne une faiblesse structurelle inquiétante : l’absence d’une évaluation précise des actifs réels, notamment miniers. Une grande partie des permis aurait été cédée, ne laissant que des fragments de concessions difficilement exploitables.

Le passif de l’entreprise reste également flou, avec des dettes « très importantes » qui ne sont ni auditées ni hiérarchisées selon leur caractère assurable ou non. Cette opacité empêche toute projection réaliste. Pour Okenda, tout redressement crédible doit débuter par un audit complet des états financiers et juridiques de la société. Ce n’est qu’à partir de ces données que pourrait s’ouvrir une discussion sur une éventuelle recapitalisation, voire l’entrée au capital d’investisseurs privés.

Le rapport parlementaire pointe en filigrane une défaillance institutionnelle plus large. L’absence de contrôle réel, la capture de la Gécamines par certains cercles politiques, et l’impossibilité pour les gestionnaires d’être redevables rendent tout mécanisme de réforme inopérant sans volonté politique affirmée. Dans un pays où les recettes minières représentent plus de 40 % des revenus d’exportation, le dysfonctionnement d’un tel acteur ne peut être considéré comme un simple problème d’entreprise publique.

La RDC ambitionne de faire des revenus miniers un moteur de financement de ses politiques publiques, notamment pour couvrir les besoins en infrastructures, en sécurité alimentaire et en éducation. Mais tant que les entreprises du portefeuille de l’État comme la Gécamines seront en déshérence, l’État s’expose à un double paradoxe : perte de souveraineté économique et dépendance accrue à des opérateurs étrangers mieux organisés et plus transparents.

Le débat sur l’ouverture du capital de la Gécamines revient avec insistance. Mais cette hypothèse, politiquement sensible, nécessite une assise juridique claire et des garanties sur la transparence du processus. En l’absence de données fiables sur la situation actuelle de l’entreprise, toute tentative de privatisation partielle risquerait d’amplifier les dérives observées depuis deux décennies.

Pour les observateurs du secteur, l’État congolais n’a d’autre choix que d’engager une réforme rigoureuse du périmètre public minier. Non seulement pour restaurer la viabilité économique de la Gécamines, mais aussi pour montrer à ses partenaires – en particulier la Chine et les institutions financières internationales – que la RDC est capable d’assurer une gouvernance responsable de ses ressources stratégiques. Car à ce stade, la principale richesse du pays reste sous-exploitée, mal encadrée et vulnérable aux intérêts privés.

— Peter MOYI

Vous pourriez aussi aimer

RDC : Entame des négociations avec le FMI pour une facilité elargie de crédit
Repli du dollar : Le Cuivre perd 2,2 % mais tente un rebond inattendu
RDC : saisie de près de 3,5 millions USD à N’djili, le débat sur les flux financiers illicites relancé
Afrique : Le commerce électronique en pleine expansion, atteignant 59,18 milliards de dollars d’ici 2027 (Analyse Économique)
L’investissement Chinois de 70 millions de dollars en Égypte : Une impulsion économique significative
Partagez cet article
Facebook Email Print
Previous Article dollar RDC : Le Trésor émet 60 millions USD à 9 % – Une opportunité pour les investisseurs locaux ?
Next Article économie Fonction publique en RDC : pourquoi l’inclusion des femmes devient une priorité budgétaire
Aucun commentaire

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

- Advertisement -
Ad image

Récemment publié

drc mining week 2026 molendo sakombi
Électricité : Kinshasa mise sur Inga III et les investissements privés pour soutenir les mines
A la une Énergie Infrastructure Mines
franc congolais
Décentralisation financière : la Cour des comptes alerte sur la non-rétrocession des 40 % dus aux ETD
A la une Finance Public
Doudou Fwamba
Dette intérieure : la Cour des comptes pointe 125,5 milliards CDF payés par urgence
A la une Banque Centrale du Congo Finance Public
SEM Suminwa Judith
Masse salariale de l’État : Judith Suminwa exige des données plus fiables pour poursuivre l’audit
A la une Finance Public
Le-point-png-blanc logo

Lepoint.cd est un média du Groupe Ohelene, spécialisé dans l’information économique, financière et sectorielle en République démocratique du Congo.

Suivez-nous sur

  • A la une
  • Économie
  • Mines
  • Infrastructure
  • Énergie
  • Agriculture
  • Technologie
  • Opportunités
  • Décryptage

La Rédaction

Directeur de publication
Mitterand MASAMUNA

Directeur de publication adjoint
Eldad BWETUSANGA

Régie commerciale
Joldie KAKESA
Joseph KOSI
+243 826 677 582
Sales@lepoint.cd

Production Multimédia et Webmaster
Odavia KOSI
Jephté MAFUTA
Wilco MABAKA

Rédaction centrale

Peter MOYI

Eldad BWETUSANGA

M. KOSI

Mitterand MASAMUNA
Joldie KAKESA
Percy KISONGA

LePoint.cdLePoint.cd
© Lepoint.cd . Ohelene Design Company. All Rights Reserved.
Rejoignez-nous !
Abonnez-vous à notre newsletter et ne manquez jamais nos dernières actualités, podcasts, etc.

Zéro spam, désabonnement possible à tout moment.
Welcome Back!

Sign in to your account

Username or Email Address
Password

Lost your password?