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Loi de finances 2026, croissance 5,3 % et dollar à 2 634,1 FC, le pari d’une stabilité encore fragile

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Dernière mise à jour : janvier 31, 2026 4:55 pm
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il y a 4 mois
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La loi de finances 2024 rdc
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La Loi de finances 2026 repose sur un cadrage macroéconomique clair. Le gouvernement table sur 5,3 % de croissance, une inflation moyenne de 4,4 % et un taux de change de référence de 2 467 FC pour 1 USD en moyenne, puis 2 634,1 FC en fin d’année. Ces hypothèses ne sont pas décoratives. Elles fixent le cadre dans lequel l’État va lever l’impôt, payer ses dépenses et financer, ou non, ses investissements.

Pour un pays où beaucoup de prix, de contrats et de paiements publics suivent le dollar, le taux de change est une variable politique autant qu’économique. Il détermine le coût de la dette extérieure, le prix des importations et le rendement réel des recettes douanières. Si le taux retenu dans la loi s’éloigne trop du taux observé sur le marché, le budget se retrouve sous tension, avec des dépenses qui gonflent plus vite que prévu et des recettes qui ne suivent pas toujours au même rythme.

Contents
La Loi de finances 2026 repose sur un cadrage macroéconomique clair. Le gouvernement table sur 5,3 % de croissance, une inflation moyenne de 4,4 % et un taux de change de référence de 2 467 FC pour 1 USD en moyenne, puis 2 634,1 FC en fin d’année. Ces hypothèses ne sont pas décoratives. Elles fixent le cadre dans lequel l’État va lever l’impôt, payer ses dépenses et financer, ou non, ses investissements.Le change et l’inflation, le test de crédibilité du budget 2026

Le scénario présenté comme prudent assume aussi une réalité. L’inflation moyenne est annoncée à 4,4 %, mais l’inflation en fin de période grimperait à 6,1 %. Autrement dit, les tensions sur les prix ne disparaissent pas. Elles peuvent même se renforcer au fil des mois. Pour les ménages, cela veut dire que le panier alimentaire et les biens importés restent exposés. Pour les entreprises, cela se traduit par des coûts logistiques et énergétiques qui peuvent remonter, donc des marges plus difficiles à stabiliser.

La croissance projetée à 5,3 % s’inscrit dans la continuité des dernières années, tirée surtout par le secteur minier, les télécommunications et les infrastructures publiques. C’est un moteur puissant, mais il reste concentré. Quand la croissance dépend fortement de quelques secteurs, l’économie peut rester vulnérable aux chocs externes, comme la variation des cours du cuivre et du cobalt ou les coûts d’importation d’énergie. Dans ce contexte, la promesse de stabilité passe par une gestion fine des équilibres monétaires et budgétaires.

Le change et l’inflation, le test de crédibilité du budget 2026

Côté dépenses, les chiffres montrent un État encore dominé par le fonctionnement. Les dépenses de personnel atteignent 14 033 milliards de FC, soit 28,7 % du budget général. C’est un poste rigide. Il pèse lourd et se réduit difficilement. Quand la masse salariale augmente, elle réduit l’espace disponible pour d’autres priorités, sauf si les recettes progressent vite et de manière régulière.

Les transferts et interventions économiques et sociales totalisent 8 533,8 milliards de FC, incluant les rétrocessions aux provinces, des subventions et des interventions sociales. Là aussi, l’enjeu n’est pas seulement le montant annoncé, mais la capacité de l’État à payer à temps, car les retards de transferts créent des blocages en cascade dans les administrations locales et dans les services publics.

Sur l’investissement, l’État prévoit 10 804,2 milliards de FC pour les équipements et 5 208,3 milliards de FC pour les constructions, réhabilitations et infrastructures. Sur le papier, l’effort est réel. Dans les faits, l’économie ne bénéficie de cet investissement que si les crédits sont exécutés. Or, les budgets passés ont souvent été marqués par une absorption limitée des crédits, ce qui réduit l’impact sur l’activité, l’emploi et la demande intérieure.

La décentralisation reste un axe budgétaire fort. Les recettes nationales allouées aux provinces sont évaluées à 7 694,5 milliards de FC, et la Caisse nationale de péréquation à 744,6 milliards de FC. L’objectif est de corriger les déséquilibres entre provinces. Mais les mêmes limites reviennent : retards de rétrocession, faibles capacités d’exécution locales et dispersion de la dépense.

Le texte introduit aussi des marqueurs de discipline : interdiction de la compensation informelle entre recettes et dépenses, limitation des exonérations aux seules dispositions prévues, et accélération du budget-programme, censé lier la dépense publique à des résultats mesurables. Le gouvernement annonce aussi l’extension de la déconcentration de l’ordonnancement à neuf ministères pour réduire les délais d’exécution et responsabiliser les gestionnaires.

Pour un lecteur de politique monétaire, le message est net. La Loi de finances 2026 n’est pas une loi de relance massive. C’est une loi qui cherche à tenir l’équilibre, dans un environnement où le franc congolais reste sensible et où l’inflation demeure une menace de fond. La vraie épreuve sera la cohérence entre le taux de change retenu, l’évolution du marché et la capacité de l’État à exécuter ses investissements sans créer de nouvelles pressions sur les prix.

— M. KOSI

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