USD/CDF 2 265,04+3,39EUR/CDF 2 527,19−8,11GBP/CDF 2 990,96−2,99Taux directeur 12,50 %Inflation hebdo 0,131 %Cuivre 14 839 $+3.25 %Or 4 186 $+0.69 %
Voir tous les indicateurs ↗
Publicité
DRC MINING WEEK
Critical Minerals & Industrialisation Forum
BGFIBank RDC
Télécom

Télécoms : Kinshasa et les provinces minières concentrent près de 80 % des revenus du numérique en RDC

Le rapport de l'ARPTC montre que les revenus des télécoms suivent les grands pôles économiques, tandis que plusieurs provinces restent peu connectées.

Image d'illustration Photographe Dena - unsplash
Image d'illustration Photographe Dena - unsplash

Le développement du marché des télécommunications en République démocratique du Congo ne se limite plus au nombre d’abonnés ou au volume de données consommées. Les revenus générés par les opérateurs dessinent désormais une véritable géographie économique du pays. Les chiffres publiés par l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC) pour le deuxième trimestre 2025 montrent que la croissance du numérique est fortement concentrée autour de quelques provinces, principalement Kinshasa et les grands bassins miniers.

Au cours de cette période, les opérateurs ont déclaré 573,05 millions de dollars de revenus répartis entre les différentes provinces. Mais cette richesse numérique reste très inégalement distribuée. Kinshasa, le Haut-Katanga, le Lualaba, le Nord-Kivu, le Kongo Central et l’Ituri concentrent à eux seuls près de 80 % des revenus provinciaux du secteur. Cette concentration traduit le poids des grands centres économiques où se développent les activités minières, industrielles, commerciales et logistiques, qui stimulent naturellement la demande en connectivité.

ProvinceRevenus télécoms (T2 2025)
Kinshasa205,36 M USD
Haut-Katanga100,09 M USD
Lualaba51,32 M USD
Nord-Kivu45,36 M USD
Kongo Central29,82 M USD
Ituri26,17 M USD

Kinshasa demeure le principal marché télécom du pays. La capitale totalise 17,57 millions d’abonnements mobiles, 8,89 millions d’abonnements Internet mobile et 7,01 millions d’utilisateurs de monnaie mobile. Son taux de pénétration atteint 126,2 %, un niveau qui traduit l’utilisation simultanée de plusieurs cartes SIM par une partie des consommateurs, mais aussi les besoins des entreprises et des activités économiques. La capitale concentre également 125,90 millions USD de revenus issus de l’Internet mobile, auxquels s’ajoutent plus de 30 millions USD provenant des services de monnaie mobile.

Les provinces minières présentent un profil économique différent. Le Haut-Katanga génère 100,09 millions USD de revenus télécoms avec 8,29 millions d’abonnements mobiles, tandis que le Lualaba produit 51,32 millions USD avec 4,10 millions d’abonnements. Ces deux provinces affichent également les revenus moyens par utilisateur les plus élevés du pays, signe que les usages professionnels occupent une place importante dans la consommation des services numériques.

ProvinceRevenu moyen mensuel par abonné
Lualaba4,18 USD
Haut-Katanga4,02 USD
Kinshasa3,90 USD

Dans ces provinces, le téléphone mobile accompagne les chaînes d’approvisionnement minières, la sous-traitance, les paiements numériques, la logistique et les échanges commerciaux. Les besoins des entreprises, des fournisseurs et des travailleurs renforcent la consommation de données et expliquent pourquoi le revenu moyen par utilisateur dépasse celui observé dans le reste du pays.

Le Nord-Kivu conserve également une place importante dans le marché national malgré le contexte sécuritaire. Avec 7,39 millions d’abonnements mobiles, la province génère 45,36 millions USD de revenus. Elle occupe également la première place pour les revenus issus des SMS avec 5,71 millions USD, devant le Sud-Kivu et le Haut-Katanga. Cette situation illustre le maintien d’une activité économique et commerciale soutenue, où les communications classiques restent largement utilisées en complément des services Internet.

À l’inverse, plusieurs provinces demeurent très peu intégrées à cette dynamique numérique. La Tshuapa ne compte que 160 520 abonnements mobiles, avec un taux de pénétration limité à 9 %. Le Bas-Uele totalise 129 551 abonnements, soit un taux de pénétration de 10,4 %. Le Nord-Ubangi, la Mongala et le Sankuru affichent également des niveaux de connectivité nettement inférieurs à la moyenne nationale.

Provinces les moins connectéesTaux de pénétration
Tshuapa9 %
Bas-Uele10,4 %

Ces écarts mettent en évidence une réalité économique plus large. Les investissements des opérateurs se concentrent naturellement dans les zones où les infrastructures, l’électricité, les activités économiques et la densité de population permettent une meilleure rentabilité. Les territoires les plus ruraux ou enclavés restent en retrait, faute d’un environnement suffisamment attractif pour les investissements privés.

Le rapport de l’ARPTC montre ainsi que le marché des télécommunications est devenu un indicateur de la géographie économique congolaise. Les provinces minières et les grands centres urbains captent l’essentiel de la valeur créée par le numérique, tandis qu’une partie importante du territoire demeure encore à l’écart de cette transformation. Pour réduire ces disparités, l’amélioration de la couverture numérique devra s’appuyer à la fois sur les investissements des opérateurs et sur des politiques publiques capables d’accompagner le déploiement des réseaux dans les zones où les contraintes économiques restent importantes.

La Rédaction