La Banque centrale du Congo a signé le 18 septembre 2026 à Nairobi l’adhésion de la RDC au système panafricain de paiement PAPSS, qui permet de régler les échanges entre pays africains en monnaies locales. Dans une économie où presque toutes les transactions se font en dollars, le premier gain attendu porte sur la rapidité des paiements et le coût des banques intermédiaires, plus que sur l’usage du franc congolais.
Le gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), André Wameso Nkualoloki, a signé l’accord d’adhésion au Pan-African Payment and Settlement System (PAPSS) le 18 septembre, en marge des réunions de l’Association des banques centrales africaines à Nairobi. Développé par la Banque africaine d’import-export (Afreximbank) avec l’Union africaine, le PAPSS est l’infrastructure de paiement de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). L’adhésion de la RDC suit celle de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), annoncée en juillet pour les six pays de la CEMAC. Elle ne rend pas encore le service disponible aux entreprises congolaises, qui devront attendre le raccordement de leurs banques au réseau.
Aujourd’hui, un importateur de Lubumbashi qui paie un fournisseur kényan ou nigérian passe en général par des banques correspondantes hors d’Afrique, avec une conversion en dollars. Le règlement prend plusieurs jours. Le PAPSS remplace ce circuit par un réseau africain. La banque de l’acheteur envoie l’ordre, le système calcule la conversion entre les deux monnaies, et le vendeur est crédité dans sa monnaie. Selon le PAPSS, le traitement prend moins de deux minutes.
Un règlement final encore en partie en devises
Le système ne supprime pas complètement les devises fortes. Chaque jour, le PAPSS compense les flux entre pays et seul le solde net est réglé entre banques centrales, avec Afreximbank comme agent de règlement. Le directeur général du PAPSS, Mike Ogbalu III, a expliqué le 7 septembre à Lagos qu’entre 80 % et 90 % de ces soldes nets sont aujourd’hui réglés en monnaies locales, selon les corridors. Le reste passe encore par des devises fortes. Une banque centrale qui manque de réserves peut donc retarder le règlement final.
Pour la RDC, la question de la monnaie est particulière. À fin juin 2026, les dépôts en francs congolais ne représentaient que 11,7 % des dépôts bancaires, selon la BCC. Les près de 88 % restants sont en devises, essentiellement en dollars. Les entreprises congolaises facturent et paient déjà largement en dollars, y compris avec leurs partenaires africains. Le principal avantage du PAPSS pour elles est donc d’éviter les banques correspondantes, leurs frais et leurs délais. Le règlement en francs congolais viendra plus tard, si les banques proposent des taux de conversion compétitifs avec d’autres monnaies africaines. Le PAPSS a lancé en 2025 un marché des devises africaines pour ce type d’échange direct, sans passer par le dollar.
Le chiffre de 5 milliards de dollars d’économies annuelles, souvent cité, est une estimation d’Afreximbank sur le coût du recours aux devises tierces dans les échanges africains, et non une économie déjà réalisée. Le PAPSS publie surtout des taux de croissance. Entre des périodes comparables de 2025 et 2026, le nombre de transactions a été multiplié par environ 11 et leur valeur a augmenté d’environ 120 %, sans montant absolu publié. Le réseau couvre plus de 30 pays, 24 banques centrales et environ 200 établissements financiers.
L’effet dépendra aussi des partenaires commerciaux de la RDC. Le cuivre et le cobalt congolais partent surtout vers la Chine, et les flux africains les plus importants passent par la Zambie, l’Afrique du Sud et la Tanzanie, sur les corridors d’exportation. La date de raccordement des premières banques congolaises et l’ouverture des premiers corridors montreront quand les importateurs pourront réellement utiliser le système.









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