Les assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale à Bangkok n'ont apporté, selon Reuters, aucune initiative nouvelle aux pays en développement, alors que leur service de la dette atteint en moyenne 14 % des recettes publiques et que l'aide publique a chuté de 23 % en 2025. Le financement privé est la piste mise en avant.

Les assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale à Bangkok n’ont apporté, selon Reuters, aucune initiative nouvelle aux pays en développement, alors que leur service de la dette atteint en moyenne 14 % des recettes publiques et que l’aide publique a chuté de 23 % en 2025. Le financement privé est la piste mise en avant.
Les assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, tenues la semaine dernière à Bangkok, n’ont pas fourni de réponses nouvelles aux pays à faible revenu face à la guerre au Moyen-Orient, au conflit en Ukraine, à la hausse des remboursements de dette et au risque de bulle autour de l’intelligence artificielle, rapporte Reuters. Les deux institutions ont de nouveau recommandé de réduire les déficits budgétaires et d’accélérer les réformes pour attirer l’investissement privé.
Kristalina Georgieva, directrice générale du FMI, a indiqué que le service moyen de la dette des pays en développement a plus que doublé en dix ans, pour atteindre 14 % des recettes publiques. Cette charge réduit les budgets de l’éducation et de la santé. Elle a précisé que l’endettement de ces pays avait pourtant reculé ces dernières années, mais que la flambée des rendements obligataires ailleurs dans le monde avait renchéri leurs emprunts.
Selon la CNUCED, le stock de dette extérieure des pays en développement a atteint 12 300 milliards de dollars en 2025, soit 500 milliards de plus qu’en 2024.
L’aide des donateurs du Comité d’aide au développement de l’OCDE a reculé de 23 % en termes réels en 2025, la plus forte baisse annuelle de son histoire. Les cinq premiers donateurs, les États-Unis, l’Allemagne, le Royaume-Uni, le Japon et la France, ont tous réduit leur contribution et représentent à eux seuls 96 % de la baisse.
Eric LeCompte, directeur exécutif de Jubilee USA Network, juge que ces assemblées n’ont offert aucune initiative nouvelle aux pays déjà confrontés à de lourds remboursements. Il indique que le FMI n’a pas réuni l’appui nécessaire pour lancer l’extension de son fonds de prêts à bas taux aux pays à faible revenu, le PRGT, et qu’il a à peine évoqué son fonds de dons destinés à alléger la dette des plus pauvres.
Le président de la Banque mondiale, Ajay Banga, affirme que les capitaux privés orientés vers les projets de développement ont plus que triplé depuis 2022. Il met en garde contre un défi démographique, avec 1,2 milliard de jeunes attendus sur le marché du travail dans les 10 à 15 prochaines années pour seulement 400 millions d’emplois en vue.
| Millions de personnes ou d'emplois | |
|---|---|
| Jeunes entrant sur le marché du travail | 1 200 millions |
| Emplois en vue | 400 millions |
Le Royaume-Uni, qui prépare sa présidence du G20, veut faire de la restructuration des dettes des pays les plus pauvres un thème central. Londres prévient toutefois que le secteur privé devra en faire davantage, car les pays riches ne peuvent plus offrir le soutien accordé lors du dernier grand effacement de dette, au tournant des années 2000. La Banque islamique de développement, elle, vise 10 milliards de dollars de financements l’an prochain et constate un intérêt croissant pour les fonds privés.
Ayhan Kose, économiste en chef adjoint de la Banque mondiale, estime que l’économie mondiale a mieux absorbé que prévu le choc énergétique lié à la guerre américano-israélienne contre l’Iran, et qu’une récession mondiale a été évitée. La croissance des pays en développement a toutefois ralenti autour de 3,6 %, contre 4,4 auparavant.
La RDC s’est déjà tournée vers les marchés. Elle a levé 1,25 milliard de dollars en avril 2026, avec une tranche de 600 millions à 8,75 % échéance 2032 et une de 650 millions à 9,50 % échéance 2037. Reuters estime à 97 % la part du financement concessionnel dans la dette extérieure du pays. Avec le recul de l’aide mondiale, la part du financement commercial devrait peser davantage dans les années à venir.
D’après un calcul de Lepoint.cd, les intérêts annuels de l’Eurobond atteignent 114,25 millions de dollars.





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