Le Gouvernement prépare deux nouveaux chantiers d’infrastructures dans la province du Kasaï. Le contrat de modernisation de l’aéroport de Tshikapa a été requalifié et doit encore être harmonisé avec le ministère des Transports, tandis que le montage technique et juridique de la route vers Kandjaji est en cours de finalisation. Pour cette dernière, le dossier constitue surtout une tentative de relance d’un projet de plus de 208 millions USD lancé en 2024 mais dont l’exécution accusait d’importants retards au début de 2026.
Le déplacement du ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, à Tshikapa le 19 septembre 2026 apporte de nouveaux éléments sur deux projets attendus dans le Kasaï. Après un échange avec le gouverneur Crispin Mukendi Bukasa, le ministre a indiqué que les dossiers de l’aéroport de Tshikapa et de la liaison routière vers Kandjaji étaient désormais en cours de finalisation administrative et contractuelle.
Pour l’aéroport, le Gouvernement a procédé à une requalification du contrat. Les derniers ajustements doivent être réalisés avec le ministère des Transports avant le lancement du chantier. John Banza Lunda a indiqué que son prochain déplacement à Tshikapa devrait être consacré au démarrage officiel des travaux.
La situation de la route de Kandjaji est plus complexe. Le ministre affirme que les aspects techniques sont prêts, tandis que le montage juridique et contractuel reste en cours de finalisation. Cette annonce doit être replacée dans l’historique d’un projet dont l’exécution avait déjà commencé avant de connaître d’importantes difficultés.
Plus de 208 millions USD avaient déjà été engagés sur l’axe vers l’Angola
En février 2024, le Gouvernement avait lancé un projet de 208,17 millions USD, financé par Toha Investment SARL, pour construire et exploiter la route Tshikapa–Kamako. Le programme prévoyait environ 120 kilomètres entièrement asphaltés, une bretelle de 27 kilomètres vers Kandjaji, trois postes de péage et de pesage, 10 kilomètres de voirie répartis entre Tshikapa et Kamako ainsi qu’un poste frontalier moderne à Kamako. La durée initiale d’exécution était fixée à 30 mois.
Les études antérieures financées par le Fonds africain de développement avaient déjà identifié deux corridors à partir de Tshikapa. L’un reliait Tshikapa à Kamako via Mungamba et Kamonia sur environ 110 kilomètres. L’autre devait rejoindre Kandjaji et la frontière angolaise sur environ 117 kilomètres. Les deux itinéraires partagent les 48 premiers kilomètres jusqu’à Mungamba.
Le chantier avait cependant pris du retard. Dans une correspondance adressée en mars 2026 au ministère des Infrastructures, le gouverneur du Kasaï faisait état d’un taux d’exécution physique de 18,63 % sur le premier lot de 70 kilomètres et de 9,70 % sur le deuxième lot de 51 kilomètres. Il signalait également des dépassements des délais contractuels, des interruptions de travaux, des revendications salariales et une faiblesse des stocks de matériaux.
La requalification actuellement évoquée par John Banza Lunda doit donc être comprise comme une reprise du montage d’un projet déjà engagé, et non comme la création d’un axe entièrement nouveau.
Trois infrastructures à suivre simultanément dans le Kasaï
Le déplacement ministériel intervient parallèlement au suivi de la RN1 Tshikapa–Kananga, déjà examiné par Lepoint.cd après la troisième session du Comité de pilotage tenue à Kananga. Les nouvelles annonces de Tshikapa élargissent ainsi le programme d’infrastructures régionales à l’aéroport et à la connexion routière vers la frontière angolaise.
Pour l’économie du Kasaï, ces trois projets répondent à des fonctions différentes. La RN1 améliore la liaison terrestre avec le Kasaï Central. L’aéroport doit renforcer l’accessibilité aérienne de Tshikapa. L’axe Tshikapa–Kamako–Kandjaji ouvre, lui, une connexion vers l’Angola et les flux commerciaux transfrontaliers.
La route vers Kandjaji présente également un intérêt logistique en raison de son orientation vers la frontière. Les études financées par la BAD avaient précisément été commandées pour déterminer la liaison routière économiquement la plus pertinente entre Tshikapa et l’Angola.
La prochaine séquence permettra surtout de vérifier si la requalification contractuelle se traduit par une reprise durable des travaux. Pour la route de Kandjaji, les indicateurs les plus significatifs seront le nouveau calendrier, le niveau de financement effectivement mobilisé et l’évolution du taux d’exécution physique. Pour l’aéroport, le passage du dossier contractuel au chantier constituera la prochaine étape observable.
M. KOSI









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