Le prix du ciment gris à Muanda, dans la province du Kongo Central, a chuté à 27 000 francs congolais (moins de 10 USD) après la fin de la grève des transporteurs, offrant un soulagement au secteur de la construction. Cette grève, qui s’est étendue du 16 septembre au 2 octobre 2024, avait interrompu les livraisons entre Kinshasa et les provinces environnantes, paralysant plusieurs chantiers dans la région.
Mansia Nzambi Moyo, président de l’association des maçons de Muanda, a témoigné de l’impact immédiat de cette baisse sur l’activité locale. « La majorité des chantiers étaient bloqués, mais après la levée de la grève, le prix du ciment est passé de 32 000 à 27 000 francs congolais, ce qui a beaucoup soulagé la population. » Cette diminution des prix permet une reprise rapide des travaux, avec une mobilisation accrue des ouvriers sur les différents projets en cours.
À Kinshasa, la grève avait provoqué une hausse brutale du prix du ciment, atteignant 55 000 francs congolais (plus de 20 USD) début octobre, suscitant l’inquiétude des autorités. Le Vice-Premier Ministre de l’Économie, Daniel Mukoko Samba, a pointé du doigt le rôle des spéculateurs, affirmant la nécessité de réguler efficacement les fluctuations du marché pour protéger les consommateurs.
Malgré une production nationale de 2,3 millions de tonnes en 2023, représentant une multiplication par 6,4 en dix ans, la consommation annuelle par habitant en RDC reste inférieure à la moyenne continentale, avec 45 kg contre 90 kg à l’échelle africaine. Ces chiffres révèlent une sous-utilisation du potentiel local et une marge de progression importante pour répondre à une demande en croissance.
Les perspectives de croissance du secteur demeurent encourageantes, notamment avec la mise en œuvre du plan de développement des 145 territoires et des projets de logements à Kinshasa, estimés à 4 milliards USD par an. Toutefois, l’interdiction d’importation, maintenue pour protéger la production locale, pourrait limiter l’offre en cas de demande accrue.
Face à cette dynamique, des analystes préconisent une politique d’approvisionnement plus flexible, permettant de maintenir un équilibre entre la protection de l’industrie nationale et la disponibilité des matériaux. Garantir un approvisionnement stable reste crucial pour soutenir durablement les projets d’infrastructures et accompagner le développement économique de la RDC.

