La Zambie veut tripler sa production de cuivre à 3 millions de tonnes d’ici 2031

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La Zambie cherche des investisseurs internationaux pour augmenter fortement sa production de cuivre. Le pays vise 3 millions de tonnes par an d’ici 2031, contre 890 346 tonnes produites l’an dernier. Cette stratégie place Lusaka au cœur de la compétition mondiale pour les minerais nécessaires à la transition énergétique.

Deuxième producteur africain de cuivre derrière la République démocratique du Congo, la Zambie veut changer d’échelle dans son industrie minière. Malgré une progression de 8 % de la production en un an, le pays n’a pas atteint son objectif d’un million de tonnes en 2024.

Le gouvernement estime toutefois que le potentiel reste élevé. Pour franchir un nouveau cap, il mise sur des investissements étrangers afin d’augmenter les capacités de production et moderniser certaines mines.

Le ministre des Mines, Paul Kabuswe, explique que plusieurs discussions sont en cours avec des partenaires internationaux. Les États-Unis font partie des investisseurs potentiels.

« Les États-Unis en font partie », a déclaré le ministre, confirmant l’existence de contacts avec Washington. Il n’a toutefois donné aucun détail sur la nature précise des projets ou sur les montants envisagés.

Une concurrence mondiale autour des minerais stratégiques

L’intérêt américain pour le cuivre zambien s’inscrit dans un contexte plus large de compétition internationale pour les minerais dits stratégiques. Ces ressources sont nécessaires à plusieurs secteurs industriels, notamment les véhicules électriques, les réseaux électriques et les technologies d’énergie renouvelable.

Le cuivre joue un rôle central dans ces technologies car il permet la transmission de l’électricité et la fabrication de nombreux équipements énergétiques.

Aujourd’hui, la Chine occupe une position dominante dans plusieurs chaînes d’approvisionnement liées aux minerais utilisés dans les technologies avancées. Cette situation pousse d’autres puissances économiques, notamment les États-Unis, à sécuriser leurs propres sources d’approvisionnement.

Dans ce contexte, la Zambie apparaît comme un partenaire potentiel pour diversifier les sources de matières premières.

Parallèlement aux discussions minières, Lusaka et Washington négocient aussi un programme d’aide sanitaire évalué à plus de 1 milliard de dollars. Certains acteurs de la santé publique ont exprimé des inquiétudes, estimant que ce financement pourrait être lié à des accords sur l’accès aux ressources minières ou au partage de données.

Le ministre zambien des Mines rejette cette idée. Selon lui, les deux dossiers sont totalement distincts.

« Il n’y a aucun lien entre ces discussions », a affirmé Paul Kabuswe, en soulignant que le gouvernement reste attentif aux conditions des accords conclus avec ses partenaires internationaux.

L’objectif affiché par Lusaka est de parvenir à des partenariats équilibrés. Le ministre insiste sur la nécessité de conclure des accords gagnant-gagnant, à la fois pour l’économie zambienne et pour les investisseurs étrangers.

Au-delà du cuivre, la Zambie dispose aussi d’importantes réserves d’autres minerais recherchés par l’industrie mondiale. Le pays possède notamment du cobalt, du nickel, du manganèse, du lithium, du graphite et des terres rares.

Ces ressources sont de plus en plus demandées par les fabricants de batteries, d’équipements électroniques et par les entreprises impliquées dans la transition énergétique. La croissance rapide de ces secteurs renforce la valeur stratégique des pays disposant de tels gisements.

En cherchant à multiplier par plus de trois sa production de cuivre en moins d’une décennie, la Zambie espère donc s’imposer comme un acteur central de ce marché, tout en attirant les capitaux nécessaires au développement de son industrie minière.

— M. MASAMUNA

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