Les États-Unis n’ont plus que deux mois de réserves en terres rares, l’Afrique et la RDC dans leur viseur

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Les États-Unis disposeraient de seulement deux mois de réserves en terres rares dans leur stock de défense, selon des sources citées par le South China Morning Post. Ces minerais sont indispensables aux systèmes de guidage de missiles, aux avions de combat, aux radars et aux infrastructures de communication militaire. La situation s’est aggravée depuis le début des frappes américaines contre l’Iran le 28 février, qui ont consommé environ 5,6 milliards de dollars de munitions en quelques jours selon le Pentagone.

Le problème est structurel. La Chine contrôle aujourd’hui une très grande partie du traitement et de l’exportation des terres rares et autres minerais stratégiques utilisés dans l’industrie de défense. Des matériaux comme le dysprosium, le terbium, le gallium et le germanium, essentiels aux technologies militaires avancées, entrent dans plus des trois quarts des plateformes de défense américaines selon les estimations du secteur. Pékin a déjà restreint l’exportation de plusieurs de ces matériaux à double usage vers les contractants militaires américains.

La Chine produit aussi environ 48 % de l’antimoine mondial, un métalloïde utilisé pour renforcer les alliages de munitions, fabriquer des projectiles perforants et alimenter des technologies comme les équipements de vision nocturne et les capteurs infrarouges.

La RDC et l’Afrique comme alternatives stratégiques

Face à cette dépendance, Washington tourne son regard vers l’Afrique, qui abrite certaines des plus grandes réserves mondiales de minerais stratégiques encore inexploitées. La RDC assure plus de 70 % de la production mondiale de cobalt, composant clé des batteries et de certaines technologies de défense. Le Zimbabwe détient d’importantes réserves de lithium, tandis que la Namibie et la Tanzanie avancent sur des projets miniers de terres rares destinés aux marchés mondiaux.

L’Afrique du Sud dispose de réserves significatives de manganèse, de métaux du groupe du platine et d’antimoine. Le Botswana a récemment attiré l’attention après l’annonce de la découverte d’un gisement de terres rares contenant les 15 éléments de cette famille, avec des traces de cuivre, cobalt, nickel et vanadium.

La Chine a bâti sa présence en Afrique sur deux décennies d’investissements miniers, de financements d’infrastructures et d’accords d’extraction à long terme. Les États-Unis cherchent désormais à rattraper ce retard en multipliant les partenariats avec les gouvernements africains, dont celui de Kinshasa, pour sécuriser des sources d’approvisionnement hors de la sphère d’influence chinoise.

— Joldie KAKESA

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