La Banque Centrale du Congo veut agir contre les hôtels, restaurants et supermarchés qui affichent ou appliquent des taux de change différents de ceux pratiqués par les banques. Son gouverneur, André Wameso, l’a annoncé mardi 28 avril, lors d’un briefing avec le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya.
La BCC s’attaque à une pratique qui pèse sur le pouvoir d’achat. Dans plusieurs commerces, des prix sont affichés en francs congolais, mais les conversions en dollars se font parfois avec un taux différent du taux bancaire. Pour l’autorité monétaire, cette situation entretient la hausse des prix et complique les efforts de stabilisation du franc congolais.
André Wameso a expliqué que la Banque Centrale travaille déjà avec le ministère de l’Économie pour encadrer ces pratiques. « Je voudrais dire aussi qu’il y a un phénomène que nous avons observé, pour lequel nous travaillons notamment avec le ministère de l’Économie : c’est le fait qu’au niveau des commerces, y compris dans des hôtels — on m’a fait parvenir cette information — les taux de change indiqués sont différents des taux de change pratiqués par les banques. Et cela a aussi un impact sur le niveau de l’inflation. C’est pour cela que nous sommes en discussion avec le ministère de l’Économie pour savoir comment régler ce problème », a déclaré le gouverneur de la BCC.
L’inflation désigne la hausse générale des prix. Quand un commerce utilise un taux de change plus élevé que celui des banques, le prix final payé par le client peut augmenter, même si le prix de départ n’a pas changé. Cela touche directement les ménages, surtout dans une économie où beaucoup de biens et services restent liés au dollar américain.
Selon André Wameso, les discussions en cours doivent permettre de définir un cadre de contrôle et, si nécessaire, des sanctions contre les contrevenants. « Nous allons serrer la vis de ce côté-là, car il est inacceptable qu’au sein d’un même magasin, il y ait deux taux de change différents », a-t-il déclaré.
Cette mise en garde intervient alors que la BCC cherche à consolider la stabilité du franc congolais et à réduire les pratiques informelles liées au dollar. Les modalités de contrôle dans les commerces, ainsi que la nature des mesures coercitives envisagées, doivent encore être précisées.
— M. KOSI


