Le processus de reprise des actifs miniers de Chemaf franchit une nouvelle étape en République démocratique du Congo. Le 29 avril 2026, le Directeur général du Cadastre minier, Popol Mabolia Yenga, a reçu les responsables de Virtus Minerals, nouveau repreneur de l’entreprise minière, afin d’examiner la situation des titres et des droits liés aux actifs exploités dans le Lualaba et le Haut-Katanga. Cette opération intervient après le rachat des actifs de Chemaf pour environ 30 millions USD, avec une dette reprise estimée à près de 900 millions USD.
La rencontre entre le Cadastre minier et Virtus Minerals a principalement porté sur l’état du portefeuille minier de Chemaf. Les échanges ont concerné les droits miniers et de carrières, les contrats en cours, les procédures administratives engagées ainsi que les différents droits enregistrés auprès du CAMI. Cette phase administrative est considérée comme essentielle pour sécuriser juridiquement la transition entre l’ancien et le nouveau propriétaire, alors que les autorités congolaises cherchent à renforcer le contrôle et la traçabilité dans le secteur extractif.
Chemaf, ou Congo Eastern Mining Frontier, exploite plusieurs actifs stratégiques dans la ceinture cuprifère congolaise, une région qui concentre une grande partie de la production nationale de cuivre et de cobalt. Ces deux minerais occupent une place importante dans l’économie mondiale, notamment pour la fabrication des batteries, des véhicules électriques et de plusieurs équipements technologiques. Dans ce contexte, l’arrivée de nouveaux investisseurs dans les mines congolaises est suivie de près aussi bien par Kinshasa que par les partenaires internationaux.
Virtus Minerals a acquis les actifs de Chemaf en mars 2026 dans le cadre d’un partenariat présenté comme un rapprochement économique entre la RDC et les États-Unis dans le secteur des minerais critiques. L’opération est perçue comme l’un des premiers investissements américains d’envergure dans une industrie longtemps dominée par les capitaux asiatiques, particulièrement chinois.
Selon des informations relayées par l’agence Reuters, le groupe prévoit de relancer progressivement les activités minières de Chemaf avec ses partenaires. L’objectif affiché est une reprise de la production à grande échelle d’ici 2027, tout en maintenant les emplois existants. Mais cette relance devra aussi intégrer une dette importante héritée de l’ancienne structure, estimée à près de 900 millions USD.
Cette acquisition continue malgré tout de susciter des interrogations. Reuters, cité par Deskeco, rapporte que certaines déclarations de Virtus Minerals sur ses activités passées en RDC seraient exagérées ou difficilement vérifiables. Ces questions alimentent le débat sur l’expérience réelle du groupe dans l’exploitation minière congolaise et sur sa capacité à gérer des actifs aussi stratégiques.
Pour les autorités congolaises, les discussions engagées avec le CAMI visent surtout à garantir le respect du Code minier et à assurer une transition conforme aux exigences réglementaires. Dans un secteur qui représente une part importante des recettes d’exportation de la RDC, la sécurisation des titres miniers et la stabilité des investissements restent des enjeux économiques importants pour le pays.
— Peter MOYI


