Le prix du carburant à Inongo, chef-lieu de la province du Maï-Ndombe, a récemment suscité des remous parmi les habitants et les conducteurs de taxi-motos. Alors que le litre d’essence était vendu à 5 000 CDF il y a peu, il s’affiche désormais à 6 000 CDF, soit une augmentation de 20 %. Cette hausse, bien que notable, ne semble pas découler d’une pénurie, ce qui alimente l’incompréhension et la colère des usagers locaux.
Selon Dura Mpayambe, président de l’association des conducteurs de taxi-motos, cette flambée des prix intervient sous l’œil passif des autorités administratives locales. « Pourquoi le prix augmente-t-il alors qu’il n’y a pas de rupture d’approvisionnement ? » s’interroge-t-il, tout en dénonçant l’absence de mesures pour protéger les consommateurs et les professionnels du transport.
Parallèlement, le mazout, une autre ressource clé pour les activités locales, a également vu son prix grimper de 4 000 à 4 500 CDF le litre, une hausse de 12,5 %. Pour les conducteurs de taxi-motos, ce contexte devient de plus en plus difficile à gérer, car leurs revenus, déjà limités, ne leur permettent pas d’absorber ces coûts sans répercussions sur leurs clients.
L’association des conducteurs pointe du doigt les revendeurs, accusés de décider unilatéralement des prix sans consultation préalable des autorités compétentes. Ce manque de régulation aggrave la situation, creusant davantage le fossé entre les distributeurs de carburant et les acteurs économiques locaux.
Face à cette situation, l’association a appelé à une intervention urgente des pouvoirs publics pour encadrer les pratiques des revendeurs et stabiliser les prix. « Si rien n’est fait, ce sont les habitants d’Inongo qui en paieront le prix fort, car tout est lié : transport, commerce, et même accès aux produits de première nécessité », prévient Dura Mpayambe.
Alors que l’impact de cette hausse se fait déjà sentir, une prise de décision rapide s’avère essentielle pour éviter que la situation ne dégénère davantage. Le regard des habitants d’Inongo se tourne désormais vers Kinshasa, avec l’espoir que des mesures concrètes seront prises pour répondre à cette crise.
— Peter MOYI, ACP


