Le Groupe d’action financière (GAFI) a annoncé ce 4 juillet que la République démocratique du Congo (RDC) évite l’inscription sur sa liste noire, signe d’un respect significatif des standards internationaux en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Selon l’organisme, la mise en œuvre par la RDC des mesures convenues atteint 92 %, un taux élevé qui reflète un effort soutenu de la part des autorités, notamment sous l’impulsion du ministère des Finances depuis octobre 2022.
Cette progression technique permet à Kinshasa de se rapprocher d’une sortie de la liste dite « jaune », catégorie qui place le pays sous une surveillance étroite. Une telle position a des conséquences économiques concrètes : elle restreint l’accès aux marchés financiers internationaux et augmente le coût des opérations bancaires. La progression vers un meilleur respect des exigences du GAFI ouvre ainsi la voie à une amélioration de la confiance des investisseurs étrangers et des institutions financières.
Le GAFI joue un rôle central dans la protection du système financier mondial, en définissant un cadre international rigoureux pour prévenir l’infiltration des réseaux criminels dans les circuits financiers. Ces règles ciblent notamment le blanchiment des capitaux, le financement d’activités terroristes, ainsi que la prolifération des armes de destruction massive. La RDC, en adhérant aux recommandations du GAFI, s’engage à renforcer ses dispositifs légaux et opérationnels à travers la Cellule nationale des renseignements financiers (CENAREF), qui agit comme bras technique pour la mise en conformité.
La liste grise, sur laquelle la RDC figure encore, regroupe environ 80 pays contraints d’améliorer leurs mécanismes de contrôle et de surveillance financière sous peine de sanctions plus sévères. Le score de 92 % de la RDC est parmi les plus élevés dans la région, témoignant d’un travail intense de réforme. Cette progression ne signifie pas la fin des efforts, car le GAFI surveille l’application effective et durable des mesures prises, souvent complexes, impliquant la coordination entre plusieurs institutions, la formation des agents, et le suivi des transactions suspectes.
Au-delà de la dimension réglementaire, le respect des standards internationaux est un facteur clé pour attirer des flux d’investissement direct étranger, indispensables à la croissance économique du pays. Il contribue aussi à réduire les risques liés à la corruption et aux détournements de fonds, qui affaiblissent les finances publiques et nuisent à la crédibilité de la RDC sur la scène économique mondiale.
Cette évolution favorable pourrait avoir un impact sur les notations de risque pays, une donnée suivie de près par les banques, les agences de notation et les partenaires au développement. Si la RDC poursuit cette trajectoire, elle pourrait à terme retrouver une meilleure intégration dans le système financier international, avec des conditions plus favorables pour le financement de ses projets de développement.
— Peter MOYI


