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FRATEL à Kinshasa : la RDC veut faire de la régulation numérique un outil de souveraineté

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Le ministre de l’Économie numérique, Augustin Kibassa Maliba, a clôturé mardi 28 avril 2026 à Kinshasa le 23e séminaire du FRATEL. Pendant deux jours, les régulateurs francophones des télécommunications ont échangé sur la régulation du numérique, la qualité des services, les infrastructures et la souveraineté des États.

À Kinshasa, la clôture de ce séminaire a permis au gouvernement congolais de rappeler son ambition dans le secteur numérique. Pour Augustin Kibassa Maliba, la régulation ne doit plus seulement servir à encadrer les marchés des télécommunications. Elle doit aussi devenir un outil de planification, capable d’accompagner les investissements, de mieux organiser le secteur et de soutenir la transformation économique du pays.

Le ministre a inscrit cette orientation dans la vision du président Félix Tshisekedi, qui présente le numérique comme l’un des leviers de modernisation de l’État et de diversification de l’économie congolaise. Cette stratégie passe par le développement d’infrastructures numériques souveraines, une meilleure gouvernance des données, la mise en place de services publics numériques accessibles, le renforcement de la cybersécurité et la formation des compétences locales. Pour la RDC, ces chantiers ne relèvent pas seulement de la technologie. Ils concernent aussi l’efficacité de l’administration, l’accès des citoyens aux services publics et la capacité du pays à créer de la valeur à partir de ses propres données.

Des recommandations attendues dans les politiques publiques

Les travaux du 23e séminaire du FRATEL ont dégagé plusieurs pistes d’action. Les participants ont notamment mis l’accent sur la mutualisation des infrastructures, afin de mieux utiliser les investissements et d’étendre la couverture numérique. Ils ont aussi insisté sur une concurrence plus orientée vers les services, l’innovation et l’amélioration mesurable de la qualité. La réduction de la fracture numérique a également occupé une place centrale, car une partie de la population reste encore éloignée des services numériques, faute d’accès, de coût abordable ou de compétences suffisantes.

Augustin Kibassa Maliba a appelé à traduire ces recommandations en décisions concrètes. Selon lui, une régulation moderne doit être capable « d’anticiper, d’orienter et de catalyser le développement du secteur ». Cette approche suppose des règles plus adaptées aux réalités du marché, mais aussi une coopération plus forte entre les pays francophones. Dans un environnement marqué par l’évolution rapide des technologies, le ministre estime qu’aucun pays ne peut avancer seul. Le FRATEL apparaît ainsi comme un cadre utile pour rapprocher les pratiques, partager les expériences et renforcer les stratégies communes.

Pour la RDC, l’enjeu est de construire un modèle numérique « souverain, inclusif et créateur de valeur ». Cette ambition place la régulation au centre des choix économiques, car elle touche à la fois aux infrastructures, aux investissements, à la protection des données, à la qualité des services et à l’accès du plus grand nombre aux outils numériques.

— Peter MOYI

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