L’ambassade des États-Unis à Kinshasa affirme que Washington ne finance aucune garde minière en RDC. Cette précision intervient après l’annonce par l’Inspection générale des mines d’une future unité de 20 000 agents, dotée d’un budget annoncé de 100 millions USD.
Les États-Unis ne participent pas au financement de la future Garde minière congolaise. C’est la mise au point faite par l’ambassade américaine à Kinshasa, mardi 28 avril 2026, après un communiqué de l’Inspection générale des mines publié la veille. Dans sa note, la représentation diplomatique américaine a été directe : « Le gouvernement des États-Unis ne finance actuellement aucune unité de patrouille ou de garde des mines en RDC ».
Cette réaction intervient vingt-quatre heures après l’annonce de l’Inspection générale des mines sur la création d’une unité paramilitaire chargée de sécuriser les sites miniers. Selon l’IGM, cette force devrait compter 20 000 agents et disposer d’un budget de 100 millions USD. Le premier communiqué de l’institution congolaise présentait ce projet comme appuyé dans le cadre de « partenariats stratégiques » avec les États-Unis et les Émirats arabes unis. La mise au point américaine ne remet pas en cause l’existence d’une coopération entre Washington et Kinshasa, mais elle écarte clairement l’hypothèse d’un financement direct de cette unité par le gouvernement américain.
Un projet encore flou sur son financement
Après le démenti américain, l’Inspection générale des mines a publié un nouveau communiqué, mardi 28 avril. L’institution y précise que la Garde minière « ne sera pas financée directement par un État ». Elle parle plutôt de « mécanismes de financement diversifiés », avec plusieurs montages possibles et différentes catégories d’acteurs. L’IGM ne donne pas davantage de détails sur ces mécanismes, ce qui laisse ouvertes plusieurs questions sur l’origine exacte des fonds, le rôle des partenaires évoqués et le cadre de gestion du budget annoncé.
La future Garde minière est présentée comme un dispositif destiné à sécuriser les sites d’exploitation et à lutter contre l’extraction illégale. En RDC, le secteur minier reste exposé à la fraude, aux trafics, aux faiblesses de contrôle et à l’insécurité dans certaines zones. Ces difficultés pèsent sur les recettes publiques et sur la gouvernance d’un secteur central pour l’économie congolaise. La clarification américaine montre surtout une divergence dans la communication autour du projet et oblige désormais l’IGM à préciser les modalités réelles de financement d’une unité appelée à intervenir dans un secteur sensible pour les finances publiques et la souveraineté économique du pays.
— M. KOSI


