Une attaque armée contre un convoi de prospection minière dans le Haut-Katanga a fait deux morts le 2 mai 2026 sur l’axe reliant Pumpe à la route de Likasi, selon l’Inspection Générale des Mines. L’incident s’est produit à environ 60 kilomètres de la ville minière de Likasi et relance les inquiétudes autour de la sécurité des zones stratégiques de production de cuivre et de cobalt dans le sud-est de la RDC.
D’après les autorités minières, des hommes armés et cagoulés ont pris pour cible deux véhicules engagés dans des opérations de prospection. Plusieurs coups de feu ont été tirés lors de l’attaque. Le bilan provisoire fait état de deux morts, un géologue congolais et son chauffeur, ainsi qu’un blessé grave. L’Inspection Générale des Mines précise aussi qu’un expatrié et un citoyen congolais ont été enlevés avant d’être relâchés quelques heures plus tard après le paiement d’une rançon.
Au-delà du drame humain, cet incident remet en avant la pression sécuritaire qui entoure certaines zones minières du Haut-Katanga et du Lualaba, deux provinces qui concentrent une part importante de la production congolaise de cuivre et de cobalt. Les autorités évoquent une présence croissante d’individus armés, de groupes incontrôlés et d’acteurs non étatiques autour des périmètres d’exploitation. Pour les entreprises minières, cette situation représente désormais un risque direct pour les opérations, les travailleurs et les investissements engagés dans la région.
L’Inspection Générale des Mines estime que cette insécurité menace aussi le climat des affaires dans le secteur minier congolais. La RDC occupe une place centrale sur le marché mondial du cobalt et figure parmi les grands producteurs de cuivre, deux minerais utilisés dans les batteries électriques, les véhicules électriques et plusieurs industries technologiques. Dans ce contexte, la stabilité des zones d’exploitation devient un élément essentiel pour maintenir la production et rassurer les investisseurs internationaux.
Les analystes rappellent que les incidents sécuritaires dans les corridors miniers peuvent avoir des conséquences économiques importantes. Ils augmentent les dépenses liées à la protection des sites, au transport sécurisé des minerais et aux assurances. À terme, ces coûts peuvent peser sur la rentabilité des opérations minières et sur l’attractivité du pays pour les grands groupes internationaux présents dans le secteur extractif.
L’Inspection Générale des Mines appelle au renforcement des dispositifs sécuritaires afin de protéger les travailleurs, les communautés locales et les investissements stratégiques. Des enquêtes ont été ouvertes pour identifier les auteurs de l’attaque. Pour plusieurs observateurs, cet épisode rappelle que la sécurisation des zones minières devient progressivement un enjeu aussi sensible que la production elle-même dans l’économie minière congolaise.
— Joldie KAKESA


