La Banque Centrale confirme la consolidation macroéconomique : le franc s’apprécie, les prix restent stables

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Le franc congolais continue de se renforcer, l’inflation reste modérée et l’État encaisse plus de recettes que prévu. La Banque Centrale du Congo (BCC) a publié ses indicateurs hebdomadaires le 23 février 2026, confirmant une tendance à la stabilisation économique.

Le taux de change officiel s’établit désormais à 2 128,77 francs congolais pour un dollar américain. C’est un peu moins que la veille, et surtout bien mieux qu’à la mi-2025, quand il fallait souvent plus de 2 300 CDF pour obtenir un dollar. En clair, le franc congolais prend de la valeur.

Pourquoi la monnaie nationale se raffermit

Cette appréciation ne doit rien au hasard. Plusieurs facteurs expliquent ce mouvement. La BCC intervient régulièrement pour lisser les variations brutales. Les exportations de minerais, toujours dynamiques, font entrer des devises dans le pays. Surtout, le gouvernement et la banque centrale coordonnent mieux leurs actions. Résultat : les spéculateurs, qui parient sur une chute du franc, se font plus discrets.

Cette accalmie sur le marché des changes a un effet direct sur les prix. Quand le franc est stable, les produits importés coûtent moins cher. L’inflation, c’est-à-dire la hausse générale des prix, reste sous contrôle.

Sur une semaine, les prix n’ont augmenté que de 0,114 %. Depuis le début de l’année, la hausse cumulée atteint 1,273 %. Sur un an, l’inflation est de 2,185 %. Même en projetant cette tendance sur douze mois, on arrive à 10 %, un niveau très éloigné des poussées à 30 ou 40 % connues par le passé.

Pour maintenir cette stabilité, la BCC garde une politique monétaire prudente. Son taux directeur pour les prêts à court terme reste à 15 %. Les banques qui ont besoin de liquidités en urgence empruntent à 19 %. Le taux sur le marché interbancaire, celui où les banques se prêtent entre elles, est de 17,50 %. Ces taux élevés freinent un peu le crédit, mais ils protègent le franc.

Recettes publiques : une bonne surprise

Un préjugé veut qu’une monnaie forte fasse baisser les recettes de l’État. Les chiffres disent le contraire. Tout au long de 2025, et encore en novembre, le gouvernement a encaissé plus d’argent que ce qu’il avait prévu dans son Plan de trésorerie.

Cette performance s’explique par des réformes de fond. L’administration fiscale élargit l’assiette, c’est-à-dire le nombre de contribuables et d’activités imposés. Les contrôles aux douanes se renforcent. Les entreprises et les citoyens respectent mieux leurs obligations. La stabilité du franc aide aussi : elle rend les rentrées d’argent plus prévisibles et limite les distorsions liées à des variations brutales.

L’ensemble de ces signaux dessine une phase de consolidation. La monnaie se tient, les prix grimpent doucement, l’État remplit ses caisses. Reste un défi de taille : faire en sorte que cette stabilité profite à l’économie réelle. Créer des emplois, diversifier ce que le pays produit et améliorer le quotidien des entrepreneurs sont les prochains chantiers.

— Peter MOYI

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