La Banque centrale du Congo a amorcé un assouplissement de sa politique monétaire. Le Comité de politique monétaire a abaissé le taux directeur de 17,5 % à 15 %, soit une réduction de 250 points de base, tandis que le taux des facilités de prêt marginal passe de 21,5 % à 19 %. Cette décision s’inscrit dans la continuité d’un cycle d’assouplissement entamé au dernier trimestre 2025.
Le gouverneur André Wameso a présenté ces orientations lors de la 82ème réunion du Conseil des ministres du 13 mars 2026. Pour l’année en cours, les projections du Comité permanent de cadrage macroéconomique tablent sur une croissance de 6,2 %, soutenue notamment par l’évolution favorable des cours du cuivre et du cobalt sur les marchés internationaux.
Sur le front des prix, l’inflation hebdomadaire ressort à 0,15 % à la première semaine de mars, contre 0,13 % la semaine précédente. En cumul annuel, elle s’établit à 1,75 % et en glissement annuel à 2,11 %, contre 10,63 % à la même période en 2025. Le ralentissement des tensions inflationnistes justifie en partie la décision d’assouplir la politique monétaire.
Le franc congolais affiche quant à lui une relative stabilité. Le taux indicatif de la BCC s’est fixé à 2 147,79 CDF pour un dollar, contre 2 295,63 CDF sur le marché parallèle. Par rapport au 26 février, la monnaie nationale s’est appréciée de 2,67 % sur le marché interbancaire, tout en reculant légèrement de 0,07 % sur le marché parallèle.
La guerre au Moyen-Orient dans le radar de la BCC
André Wameso a aussi alerté le gouvernement sur les risques liés à la fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transitent près de 20 % de la production mondiale de pétrole. Depuis le déclenchement des frappes israélo-américaines sur l’Iran le 28 février, les Gardiens de la révolution iraniens affirment exercer un contrôle total sur ce passage stratégique. Toute perturbation durable de ce corridor maritime pourrait renchérir les importations énergétiques de la RDC et peser sur la stabilité des prix intérieurs.
Le gouverneur a conclu son intervention en réitérant deux recommandations au gouvernement. La première porte sur le maintien d’une coordination étroite entre politiques monétaire et budgétaire. La seconde concerne la perception des impôts, taxes et redevances exclusivement en francs congolais, pour soutenir la demande de la monnaie nationale.
Pour 2026, la BCC anticipe une évolution maîtrisée des prix dans un contexte de stabilisation du taux de change, tout en restant attentive aux tensions géopolitiques mondiales et aux barrières tarifaires. Une atténuation des conflits dans l’Est du pays est également envisagée, en lien avec les engagements pris par les différentes parties.
— M. KOSI

