La RDC irrigue 1 % de ses terres arables : le rapport de la Banque mondiale montre ce que le pays laisse sur la table

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Un nouveau rapport du Groupe de la Banque mondiale publié le 19 mars 2026 alerte sur l’urgence de repenser la gestion de l’eau en agriculture pour nourrir 10 milliards d’habitants d’ici 2050 et créer 245 millions d’emplois durables, dont une grande partie en Afrique subsaharienne.

Le rapport, intitulé « Nourrir et prospérer », constate un paradoxe mondial. Certains pays surexploitent leurs ressources hydriques au point de menacer leur capacité productive future, tandis que d’autres, notamment en Afrique, disposent d’importantes réserves d’eau et de terres arables largement sous-utilisées. Les pratiques actuelles ne permettent de soutenir durablement la production alimentaire que pour moins de la moitié de la population mondiale actuelle.

terres arables

Pour la RDC, ce diagnostic résonne directement. Le pays dispose de près de 80 millions d’hectares de terres arables et d’un réseau hydrographique parmi les plus denses du continent, mais seulement 1 % de son potentiel irrigable est cultivé selon la FAO. L’agriculture paysanne emploie 70 % de la population active tout en ne contribuant qu’à environ 20 % du PIB, faute d’investissements dans l’irrigation et les infrastructures.

Le rapport propose un cadre classant les pays selon leur niveau de stress hydrique et leur statut d’importateur ou d’exportateur alimentaire, pour identifier où l’extension de l’agriculture pluviale peut accroître la production, où des investissements dans l’irrigation peuvent stimuler la croissance et où le commerce extérieur constitue une voie plus durable que la production locale.

Entre 24 et 70 milliards de dollars annuels nécessaires d’ici 2050

Pour financer cette transition, la Banque mondiale estime qu’entre 24 et 70 milliards de dollars supplémentaires par an seront nécessaires d’ici 2050 pour étendre et moderniser les systèmes d’irrigation. Les gouvernements consacrent déjà près de 490 milliards de dollars annuellement au soutien de l’agriculture, principalement sous forme de subventions. Réorienter une partie de ces dépenses vers des infrastructures hydrauliques, couplée à des réformes réglementaires et des partenariats public-privé, permettrait de mobiliser des capitaux privés additionnels.

La Banque mondiale s’est engagée à doubler ses financements annuels en faveur de l’agroalimentaire à 9 milliards de dollars d’ici 2030, tout en mobilisant 5 milliards supplémentaires chaque année dans le cadre de son initiative AgriConnect, conçue pour aider les petits exploitants à passer d’une agriculture de subsistance à une activité commerciale.

— M. MASAMUNA

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