Le ministère de la Pêche et de l’Élevage a conclu en février 2026 une convention avec la société Egg’s For Congo pour la gestion d’un projet avicole à Kinshasa. Le contrat, approuvé par l’Autorité de régulation des marchés publics, porte sur un montant de 7 millions de dollars pour une durée de dix ans, sous la forme d’une régie intéressée, une modalité dans laquelle l’État confie la gestion d’un service public à un opérateur privé rémunéré en fonction des résultats d’exploitation.
Ce projet figure dans le Programme d’investissement public 2026-2028 sous l’intitulé « Projet de PPP relatif à l’implantation des fermes parentales et de couvoirs industriels à Kinshasa ». Les documents consultés indiquent que le coût du projet était encore estimé à 11 millions de dollars en juillet 2025, avant d’être ramené à 7 millions de dollars au moment de la signature. Les pièces publiques disponibles n’expliquent pas cette réduction de 4 millions de dollars.
Egg’s For Congo est active dans le secteur avicole congolais depuis 2014. La société intervient dans la vente de poussins, la production et l’importation d’aliments pour volailles, la distribution de médicaments et d’équipements avicoles, ainsi que dans la formation des éleveurs. Contactée pour des précisions sur le contenu du PPP, elle n’avait pas encore répondu au moment de la publication.
Une filière sous pression face aux importations
Ce partenariat s’inscrit dans une stratégie plus large de réduction de la dépendance de la RDC aux importations de volaille. Selon les données de la Banque centrale du Congo, le cheptel avicole national dépassait 18,9 millions de têtes en 2023, mais la production locale reste insuffisante pour couvrir la demande intérieure.
Les chiffres de Trade Map illustrent ce déséquilibre : les importations de viande de volaille sont passées de 122 964 tonnes en 2019 à plus de 142 300 tonnes en 2023, tandis que la facture a bondi de 66,4 millions à près de 91 millions de dollars sur la même période.
Le gouvernement multiplie les initiatives pour inverser cette tendance. En octobre 2024, le Conseil des ministres a approuvé un projet pilote de relance avicole sur huit pôles à travers le pays. En mars 2025, des discussions ont été engagées avec des partenaires chinois autour d’un programme visant à produire 5 millions de poussins par an, avec importation annuelle de 50 000 couples de reproducteurs et transfert de technologies. Ces échanges n’ont pas encore abouti à un programme formalisé.
— M. KOSI

