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Le FMI aide la BCC à construire un filet de sécurité bancaire pour éviter qu’une faillite ne déstabilise l’économie congolaise

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La Banque centrale du Congo travaille avec le Fonds monétaire international pour opérationnaliser son régime spécial de résolution bancaire, introduit par la loi bancaire de décembre 2022. Un rapport d’assistance technique du FMI publié en octobre 2025 détaille les recommandations formulées lors d’une mission menée à Kinshasa entre juin et juillet 2025, visant à préparer la BCC à gérer la défaillance d’une banque sans déclencher une crise financière systémique.

La résolution bancaire désigne l’ensemble des mécanismes permettant à une autorité publique de gérer la faillite d’une banque de manière ordonnée, en préservant les dépôts des clients et les fonctions essentielles du système financier, sans recourir à un renflouement public massif. En RDC, le secteur bancaire reste concentré : deux banques détiennent à elles seules 55 % des actifs du système, composé de 15 banques commerciales en 2025.

Le FMI identifie deux outils prioritaires que la BCC doit maîtriser en urgence. Le premier est la vente partielle, qui consiste à transférer les bons actifs et les dépôts d’une banque défaillante vers un acquéreur privé sain, en laissant les créances douteuses dans l’entité résiduelle destinée à la liquidation. Le second est la banque-relais, une structure temporaire créée par l’État pour accueillir les activités viables d’une banque en faillite lorsqu’aucun acheteur privé n’est disponible immédiatement.

Ces deux outils sont absents ou insuffisamment encadrés dans la loi bancaire actuelle. La BCC doit établir des plans de résolution individuels pour chaque banque systémique, identifier les obstacles à leur mise en œuvre et préparer des évaluations indépendantes des actifs avant toute intervention.

Des failles juridiques et financières à corriger en urgence

Le rapport pointe plusieurs lacunes critiques. Sur le plan juridique, des tribunaux congolais ont déjà annulé des mesures de résolution prises par la BCC, favorisant les actionnaires de banques défaillantes au détriment des déposants. Le FMI recommande d’interdire aux tribunaux de bloquer ou d’annuler des décisions de résolution prises de bonne foi, en prévoyant plutôt une compensation financière pour les créanciers lésés.

Sur le plan du financement, la loi bancaire ne prévoit pas de mécanisme public de financement des résolutions conforme aux standards internationaux. Les banques congolaises ont une faible capacité interne d’absorption des pertes et aucun marché de dette subordonnée n’existe pour lever des fonds en cas de crise. Le FMI recommande un mécanisme de financement public temporaire, assorti d’une récupération ex post des coûts auprès du secteur financier, sur le modèle de la taxe de redressement financier appliquée au Ghana en 2021.

La BCC a progressé depuis 2022 : elle a créé une Direction de stabilité financière séparée de la supervision bancaire, recruté des experts en résolution et lancé des plans de redressement pour les institutions sous surveillance. Une mission formelle du FMI est attendue fin avril 2026 pour évaluer ces avancées.

— Joldie KAKESA

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