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Le FMI tire la sonnette d’alarme : la dette publique mondiale atteint des niveaux record jamais vus en temps de paix

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La dette publique dépasse désormais la production économique annuelle dans plusieurs grands pays avancés, atteignant des niveaux jamais vus en temps de paix. C’est le constat dressé par le Fonds monétaire international dans sa dernière analyse, qui pose une question centrale : jusqu’où les États peuvent-ils s’endetter avant que les marchés ne sanctionnent cette trajectoire ?

Le mécanisme est connu. Les gouvernements ont massivement emprunté lors de la crise financière mondiale, puis à nouveau pendant la pandémie de COVID-19. Ces deux chocs ont profondément alourdi les bilans publics. Aujourd’hui, la combinaison de taux d’intérêt élevés et de niveaux d’endettement record contraint les décideurs à des arbitrages douloureux : augmenter les impôts, réduire les dépenses sociales ou emprunter davantage en espérant que les marchés ne relèvent pas leur prime de risque.

Le vieillissement démographique aggrave la situation. Dans de nombreux pays avancés et émergents, les coûts des retraites et des soins de santé augmentent plus vite que les recettes fiscales, pesant sur une population active de moins en moins nombreuse.

Les économistes du FMI identifient plusieurs facteurs structurels. Aux États-Unis, la polarisation politique empêche tout consensus sur des mesures nécessaires mais impopulaires. Dans les pays avancés et en Chine, l’épargne excessive des ménages les plus aisés alimente un modèle de croissance fondé sur la dette et les déficits, une dynamique fragile par nature.

Des solutions existent, mais elles supposent des choix difficiles

Le FMI cite les exemples de la Grèce, de l’Irlande et du Portugal, qui ont traversé de graves crises budgétaires il y a quinze ans et sont devenus des modèles de discipline fiscale. Des réformes bien calibrées, combinant dynamisation de la croissance et ancrage de la discipline budgétaire, peuvent placer la dette sur une trajectoire viable sans sacrifier les investissements d’avenir.

Les économistes du FMI soulignent que l’assainissement budgétaire ne signifie pas nécessairement une austérité généralisée. L’histoire montre que les citoyens acceptent plus facilement des réformes douloureuses lorsqu’ils sont convaincus que le fardeau sera réparti équitablement. La transparence des finances publiques est présentée comme un levier essentiel pour regagner la confiance des populations et rendre politiquement faisable ce qui est techniquement nécessaire.

Pour la RDC, dont la dette publique reste à des niveaux moins critiques que dans les pays avancés mais dont les recettes fiscales ne représentent que 12,5 % du PIB, ce débat mondial offre des leçons utiles. Renforcer la mobilisation des recettes internes et améliorer la gouvernance des dépenses publiques restent des priorités pour éviter de reproduire les trajectoires d’endettement que le FMI juge aujourd’hui préoccupantes à l’échelle mondiale.

— M. KOSI/ IMF

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