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Le prix du ciment Cimko chute à Kinshasa après la reprise du transport routier

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Sur les marchés de Kinshasa, un sac de ciment Cimko de 32 kg affiche désormais un prix de 29 500 francs congolais (environ 10 dollars), contre 45 000 FC il y a quelques semaines. Cette forte baisse, qui représente une diminution de près de 35 %, redonne un peu d’oxygène à la filière du bâtiment dans la capitale. La reprise du trafic des poids lourds venus du Kongo Central explique ce recul soudain, alors que la ville venait de traverser une crise aiguë d’approvisionnement.

Au marché Bayaka, dans la commune de Ngiri-Ngiri, Elena Mpiso, commerçante, confirme la tendance : « Depuis que les camions circulent à nouveau, le ciment arrive sans interruption. Les prix sont retombés, et les clients reviennent petit à petit. » Les entrepreneurs et les familles avaient, selon elle, subi de plein fouet la flambée des tarifs lors du blocage des routes. Certains chantiers s’étaient arrêtés faute de matériaux abordables, et les vendeurs de ciment voyaient leur marchandise s’accumuler ou partir à des prix exorbitants.

La grève des chauffeurs routiers, qui a paralysé le couloir logistique entre le port de Matadi et Kinshasa, avait en effet provoqué une envolée des prix sur l’ensemble du marché des matériaux de construction. Selon la Fédération des entreprises du Congo, le secteur du bâtiment accuse encore le coup, avec un ralentissement visible des projets depuis avril. Le commerce des denrées périssables avait également été perturbé, compliquant la vie des ménages.

Le retour à la normale s’est amorcé depuis la levée du mouvement social en juin, permettant aux camions-remorques de reprendre la route. Les dépôts sont à nouveau alimentés, et la concurrence entre grossistes fait pression sur les tarifs. Si le sac de 50 kg est descendu à 30 500 FC – contre 50 000 FC au plus fort de la crise –, plusieurs détaillants redoutent cependant une nouvelle hausse si la situation venait à se tendre sur le front du transport ou du carburant.

Ce répit dans la hausse des prix n’est pas passé inaperçu : pour la première fois depuis plusieurs mois, les marchés de matériaux retrouvent un semblant d’animation, même si la prudence reste de mise. Plusieurs acteurs du secteur appellent déjà à la diversification des voies d’approvisionnement pour éviter qu’une seule perturbation logistique ne fasse flamber tout un marché. « Il ne suffit pas que les camions roulent, il faut aussi anticiper les prochaines crises », avertit un responsable syndical contacté par téléphone.

Selon l’Observatoire congolais du marché des matériaux, la demande de ciment à Kinshasa reste toutefois soutenue, portée par les petits chantiers privés et quelques projets publics. Reste à voir si la tendance baissière se maintiendra dans les prochaines semaines, alors que la saison sèche favorise traditionnellement les travaux de construction.

— M. KOSI

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